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L’impact de la taille des firmes insdustrielles sur la courbe de Kuznets environnementale : le cas des émissions de SO2 en Chine
Jean-Michel Larivière et Jie He

Pôles de convergence, gains dynamiques de l’intégration économique et monétaire en Affrique de l’Ouest : une approche en termes de clusters
Gervasio Semedo, Laurent Gautier et Kamel Malik Bensafta

La courbe de Phillips : temps d’arbitrage e/ou arbitrage de temps
David Gbaguidi

L’économique en perspective

La Société canadienne de science économique, une cinquantenaire à la croisée des chemins : 1960-2010
Ruth Dupré

Compte rendu

L’impact de la taille des firmes industrielles 
sur la courbe de Kuznets environnementale : 
le cas des émissions de SO2 en Chine

Jean-Michel LARIVIÈRE
Jie HE
Faculté d’administration
GRÉDI
Université de Sherbrooke
jean-michel.lariviere@usherbrooke.ca
jie.he@usherbrooke.ca

Résumé – L’intensité de pollution inférieure des firmes de grande taille et leurs moindres coûts marginaux de réduction des émissions demeurent un fait largement documenté dans la littérature empirique. En poursuivant les intuitions de Merlevede et al. (2006), nous examinons l’hypothèse qu’avec l’accroissement du développement économique, la présence de firmes industrielles de taille supérieure (en moyenne) devient négativement associée aux émissions de SO2 en raison de l’avantage comparatif des grandes firmes à réduire leurs émissions polluantes à un moindre coût marginal. La courbe de Kuznets environnementale (CKE) est l’instrument par lequel nous comparons l’impact de la présence de grandes firmes sur les émissions de SO2 par habitant pour 29 provinces et villes chinoises. Pour vérifier la robustesse des résultats, trois différents indicateurs de taille sont retenus. Même si les estimations tendent à confirmer que les firmes de grande taille sont associées à une meilleure performance environnementale, les résultats demeurent fortement sensibles au choix de la forme fonctionnelle.

Abstract

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Pôles de convergence, gains dynamiques de l’intégration économique et monétaire en Afrique de l’Ouest : une approche en termes de clusters

Gervasio SEMEDO
Laurent Gautier
GERCIE
Université François Rabelais de Tours

gsemedo2002@yahoo.fr ou semedo@univ-tours.fr
lau.gautier@sfr.fr
Kamel Malik BENSAFTA
Université de Chlef
Algérie

bensfata.malik@yahoo.fr

Résumé

L’expérience européenne avec la création du marché unique et jusqu’à l’avènement du traité de Maastricht a montré que le pragmatisme politique et l’adoption de règles transparentes, constituent des moyens de réduire les fractures structurelles entre pays. Toutefois, l’élargissement à de nouveaux pays membres, le relâchement de la discipline budgétaire, l’asymétrie des pays aux chocs, la pression des marchés, les politiques budgétaires différenciées des pays membres en Europe, ont montré avec la crise de la dette du Portugal, de l’Irlande, de la Grèce et de l’Espagne, que sans direction claire dans la coordination des politiques économiques, l’adoption d’une monnaie unique peut aboutir à des limites de tout processus d’intégration économique et monétaire. Les zones monétaires connaissent ainsi des cycles de réussite, de contrainte et d’exposition à des risques d’éclatement, si des mesures politiques adaptées ne sont pas prises pour anticiper les conséquences des politiques dites de cavalier seul; le fédéralisme est une issue souhaitable pour éviter cette mauvaise issue.

Sur la base des règles proches du traité de Maastricht et de la théorie des zones monétaires optimales combinées dans une approche en termes de clusters, nous construisons une grille de lecture pour analyser l’hétérogénéité structurelle des pays de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest. En utilisant la méthode de la classification ascendante hiérarchique (CAH), nous identifions des sous-groupes homogènes entre pays ou clusters désirant former une union monétaire ou des pôles de convergences. Dans la perspective de l’intégration monétaire, ces pôles peuvent tout d’abord s’entendre sur des accords de paiement et de compensation puis étendre l’expérience à une monnaie commune jusqu’à l’unification monétaire.

Ce travail examine tout d’abord le bien-fondé du regroupement économique et monétaire et identifie deux groupes : l’un relativement homogène – Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), Cap-Vert, Ghana – et l’autre en voie de consolidation à plus long terme. Dans l’optique d’établir une monnaie unique, des recommandations de politiques économiques pour chacun des clusters identifiés sont proposées.

Abstract – The European experience with the creation of the single Market and the Maastricht Treaty has shown that political pragmatism and the adoption of transparent rules, especially in budget decisions, are means to reduce the structural gap between countries. However, the enlargement to new member countries, the relaxation of fiscal discipline, the asymmetry of countries to shocks, market pressure, the differentiated fiscal policies of member countries in Europe, demonstrated with the debt crisis of Portugal, Ireland, Greece and Spain, that without clear direction in economic policy coordination, the adoption of a single currency can lead to limitations of any process of economic and monetary integration. Currency areas live cycles of success, stress and exposure to risk of bursting, if appropriate policy measures are not taken to anticipate the consequences of free riders’ behaviour. Federalism is a desirable outcome to avoid this poor outcome.Our approach based on similar rules of the Maastricht Treaty, the theory of optimum currency areas combined with the clusters analysis, permit to have a global understanding of the structural heterogeneity in ECOWAS. Using Hierarchical Ascendant Classification (HAC) methods, we identify homogeneous subgroups among countries wishing to form a monetary union or clubs of convergence. In view of monetary integration, these clusters can first agree on payment arrangements and compensation to improve their experience to a common currency.

This work examines the merits of the economic and monetary regrouping and identifies two groups : one relatively homogeneous – West African Economic and Monetary Union (WAEMU), Cape Verde, Ghana–and the other in the process of consolidation at a more long-term. In optics to establish a single currency, recommendations of economic policies for each identified clusters are proposed.

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La courbe de Phillips : temps d’arbitrage et/ou arbitrage de temps

David GBAGUIDI
GREQAM – Université de la Méditerranée II
CREDDI-LEAD Université des antilles et de la Guyane

david.ghaguidi@univ-ag.fr

Résumé – La relation d’arbitrage inflation-activité réelle a progressivement retenu l’attention des chercheurs depuis l’étude de Phillips (1958). Pourtant, même si, dans le nouveau cadre keynésien d’analyse (NKPC), une quasi-résurrection de la courbe de Phillips a été entrevue, de nombreux aspects de la modélisation restent sujets à controverses dans la littérature actuelle. L’une des principales sources des remises en question du socle NKPC demeure celle associée à la prise en compte des anticipations des agents dans les rouages, à la fois théoriques et empiriques, de la réflexion. Partant de ce constat, cette revue de la littérature propose une synthèse des principaux résultats issus de l’introduction des anticipations dans les récentes modélisations de cette fameuse passerelle entre les sphères nominale et réelle du système économique. L’objectif est de restituer une synthèse des discours classique, monétariste et keynésien autour du thème de l’arbitrage, d’examiner les termes dans lesquels celui-ci est formulé, et de poser les jalons d’une évaluation de sa perméabilité aux débats plus largement « idéologiques » qui agitent l’ensemble de la profession.

Abstract –

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La Société canadienne de science économique, une cinquantenaire à la croisée des chemins : 1960-2010

Ruth DUPRÉ
HEC Montréal
ruth.dupre@hec.ca

Résumé – En 2010, la Société canadienne de science économique (SCSE) célébrait son 50e anniversaire. Première association d’économistes au Canada, elle fut créée en octobre 1960 dans le but de regrouper les économistes canadiens de langue française et de promouvoir l’avancement de la science économique.

Cet article retrace l’histoire de la SCSE au moyen de trois sources d’information : le contenu des programmes de tous ses congrès annuels de 1960 à 2009, les documents d’archives de l’association et une série d’entrevues auprès de huit de ses anciens présidents.

Cette histoire peut se décliner en trois phases : une affaire de famille dans les années soixante; une communauté scientifique conventionnelle à partir de la seconde moitié des années soixante-dix; puis, dans les années deux mille, une association qui semble se chercher une nouvelle identité face à l’internationalisation des départements québécois d’économie et face à la prolifération des regroupements spécialisés à l’intérieur de la science économique.

Abstract – In 2010, the Société canadienne de science économique (SCSE) celebrated its 50th anniversary. First association of economists in Canada, it was founded in October 1960 in order to group together French-speaking economists and to promote the advancement of economics as a discipline.

This article traces back the history of the SCSE using three information sources : the program contents of its annual conferences from 1960 to 2009, the archival documents of the organization, and a series of interviews with eight of its past presidents

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