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Volume 81, no 3, septembre 2005

Sommaire

Articles

Conférence François-Albert-Angers 2004
Modèle collectif et analyse de bien-être
Pierre-André Chiappori

Effets redistributifs d’un régime d’allocation universelle : une simulation pour le Québec
Abdelkrim Araar, Jean-Yves Duclos, François Blais

Déplacements domicile-travail en Île-de-France et choix individuels du mode de transport
Matthieu de Lapparent

Les déterminants des investissements directs européens dans les pays d’Europe centrale et orientale
Sébastien Dupuch, Christelle Milan

L’économique en perspective

Quels fondements à l’incomplétude des contrats ?
M’hand Fares


Modèle collectif et analyse de bien-être

Pierre-André CHIAPPORI
Columbia University
New York

Résumé —  Dans cet article, on étudie en quoi l’introduction d’une approche collective modifie les analyses de bien-être classiques en théorie du consommateur. Après avoir défini et caractérisé les principaux concepts, on décrit deux logiques possibles, celle de la « compen-sation potentielle » et celle de la « compensation effective ». On discute ensuite de leurs implications.

Abstract —  In this article, we study how the introduction of a collective approach modifies standard welfare analysis of consumer theory. We first define and characterize the main concepts at stake. Then the two basic logics – « potential compensation » and « actual compensation » – are described, and their implications are discussed.

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Effets redistributifs d’un régime d’allocation universelle: une simulation pour le Québec

Abdelkrim ARAAR
Jean-Yves Duclos
Département d’économique
CIRPÉE
Université Laval
François BLAIS
Département de science politique
Université Laval

Résumé — Nous simulons l’impact redistributif de trois scénarios d’instauration d’une allocation universelle (AU). Les simulations se font en maintenant constant le solde budgétaire conjoint des gouvernements provincial et fédéral. Un premier scénario B suppose qu’un ensemble de programmes sociaux et de dispositions fiscales est éliminé pour être subséquemment remplacé par une AU qui ne modifie toutefois pas les taux marginaux de la fiscalité des revenus des particuliers (FRP). Cet ensemble inclut la plupart des crédits d’impôt à l’égard des besoins essentiels et du soutien à la famille ainsi que d’autres paramètres du système fiscal et de transferts dont nous jugeons que l’abolition pourrait universaliser et simplifier le système de transferts et la fiscalité. Un deuxième scénario C modifie en plus les taux marginaux explicites de la FRP de façon à réduire certains des effets pervers de l’élimination de ces programmes. Un troisième scénario D élimine aussi la sécurité du revenu et l’assurance-emploi de manière à rendre le régime d’AU plus généreux, et modifie également les taux marginaux explicites de la FRP.

Le niveau de vie varie de manière importante selon les scénarios. Les plus affectées sont les familles monoparentales, qui enregistrent une baisse de 7,17 % dans le scénario B, mais une hausse de 3,3 % et 12,6 % respectivement dans les scénarios C et D. Les personnes vivant seules subissent des baisses de revenu moyen dans les trois scénarios. Les couples avec enfants sortent généralement gagnants peu importe les scénarios alors que les couples sans enfants ne subissent en moyenne que peu d’impact redistributif. Les personnes âgées sortent perdantes en moyenne du scénario C, mais gagnantes du scénario D, dans lequel leur niveau d’AU est redressé pour leur épargner les effets de la hausse des taux marginaux d’imposition.

Le scénario B augmente la pauvreté; le scénario C la réduit pour les familles avec enfants et pour les couples sans enfants, mais l’augmente néanmoins au niveau de toute la population; le scénario D diminue la pauvreté dans toute la population et ne l’augmente que chez les personnes seules (et très légèrement pour les personnes âgées). L’inégalité quant à elle augmente de manière importante dans le scénario B, diminue très légèrement pour C et diminue de manière sensible pour le scénario D. La redistribution effectuée par un régime d’AU peut atteindre jusqu’à 2 % du revenu total. Finalement, les taux marginaux implicites d’imposition sont considérablement égalisés par les scénarios d’AU retenus ici, quels qu’ils soient.

Abstract — We simulate the redistributive impact of three scenarios of a Basic Income (BI) in the province of Quebec. Simulations are performed by maintaining a balanced budget for the combined provincial and federal governments. The first scenario B supposes that a first set of social and fiscal provisions are replaced by a BI and that the marginal rates of taxation on personal incomes (TPI) are unchanged. This first set of provisions includes the majority of the tax credits with regards to basic needs and to the support for families as well as a host of other tax and transfer parameters whose abolition would universalise and simplify the tax and transfer system. The second scenario C modifies the explicit TPI marginal rates in order to reduce some of the perverse effects of the elimination of scenario A’s provisions. The third scenario D eliminates the province’s current safety net program as well as the federal employment insurance programme so as to increase the generosity of the BI. It also changes importantly the structure of the explicit TPI marginal rates.

Incomes vary significantly according to the scenarios. The most affected are single-parent families, whose average incomes fall by 7.17% in scenario B but rise by 3.3% and 12.6% in scenarios C and D respectively. Those living alone undergo falls in average income in the three scenarios. Couples with children gain on average regardless of the scenarios whereas couples without children see little change on average. Old age people lose on average with scenario C but gain with scenario D.

Scenario B increases poverty, scenario C reduces it for families with children and for couples without children, but increases it over the entire population. Scenario D decreases poverty in the entire population and increases it only for those living alone (and very little for the older individuals). Inequality increases importantly in scenario B, decreases slightly in C, and decreases significantly in scenario D. The additional redistribution carried out by a BI can amount to around 2% of the total income. Finally, the implicit marginal rates of taxation are equalised considerably by each of the BI scenarios.

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Déplacements domicile-travail en Île-de-France et choix individuels du mode de transport

Mathieu DE LAPPARENT
EUREQua
Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Résumé — Nous étudions dans cet article le choix du mode de transport pour un déplacement domicile-travail au sein de la région Île-de-France dans un ensemble à deux modalités : véhicule particulier ou transports en commun. Nous modélisons la présence d’effets indirects liés aux autres dimensions de la demande de transport et l’existence d’hétérogénéité des goûts dans la population observée. Nous spécifions, identifions et estimons par la méthode du maximum de vraisemblance simulée un modèle Logit à paramètres aléatoires. Les résultats sont nombreux et réalistes : dispersion des goûts concernant les attributs de transports et les variables socio-économiques, corrélation positive entre valeur du temps et niveau de la congestion, rejet de l’axiome IIA.

Abstract — We develop in this paper a dichotomous discrete choice model for the analysis of home to work trips in the French Parisian region. The two modes of transportation are private motorized vehicle and public transportation. We analyse indirect effects coming from the other choices associated with the demand for travel. We also take into account random tastes of travellers. A mixed Logit model is formulated. Identification of the parameters and estimation by maximization of the simulated likelihood function are discussed. The results of the application are realistic and intuitive: tastes for travel attributes are heterogeneous among the population, so are the effects of their socioeconomic variables, the correlation of the value of time with the level of road congestion is positive and the IIA axiom does not hold.

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Les déterminants des investissements directs européens dans les pays d’Europe centrale et orientale

Sébastien DUPUCH
Christelle MILAN

Centre d’économie
Université de Paris Nord

Résumé —  Cet article s’intéresse aux déterminants des investissements directs étrangers européens dans les pays d’Europe centrale et orientale. L’estimation est effectuée en données de panel et porte sur la période 1993-1998. Nous montrons que les écarts de coûts salariaux entre les PECO ne constituent pas un facteur déterminant des investissements étrangers contrairement au différentiel de salaire entre les pays de l’Union européenne (UE) et les pays candidats. L’effet du capital humain apparaît sensible à la construction de la variable d’éducation et au choix de l’échantillon tandis que l’importance de la taille des marchés, de la proximité géographique et du choix de méthode de privatisation contribuent à expliquer les flux d’investissements directs européens à destination des PECO.

Abstract — This article focuses on the determinants of European FDI (foreign direct invest-ment) in the Central and Eastern Europe countries (CEECs). Our estimation is run on a panel data set covering the 1993-1998 period. Our results show that wage costs differences between the CEECs do not affect the pattern of FDI contrary to wage differences between European Union (EU) member countries and the EU applicants. The human capital effect is sensitive to the construction of the education variable and to the sample. Finally, the market size, the geographic proximity and the privatization method explain a great part of bilateral FDI to the applicant countries.

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Quels fondements à l’incomplétude des contrats ?

M’hand FARES
Université de Paris 1,
MOÏSA

Résumé — Se situant dans le droit fil de la récente controverse sur les fondements de la théorie des contrats incomplets (Maskin et Tirole, 1999; Hart et Moore, 1999; Tirole, 1999), cette revue de la littérature cherche à définir la notion d’incomplétude contractuelle et à en comprendre l’origine. Deux résultats importants sont dégagés : (i) les raisons traditionnellement avancées pour expliquer l’incomplétude contractuelle, telles que l’indescriptibilité des contingences futures ou l’asymétrie d’information entre les parties contractantes, ne sont pas forcément pertinentes; (ii) la contrainte d’invérifiabilité, concept clé de la théorie des contrats incomplets, parvient à rendre compte d’un choix d’incomplétude lorsqu’elle est couplée à la contrainte de renégociation du contrat initial. Cette double contrainte permet à la théorie des contrats incomplets de générer un choix endogène d’incomplétude. Plus précisément, cette théorie montre que l’on peut définir un choix de contrat incomplet comme une forme limite du contrat complet.

Abstract — Following the recent controversy on the foundations of incomplete contract theory (Maskin and Tirole, 1999; Hart and Moore, 1999; Tirole, 1999), this survey aims at defining the very nature and origin of the contract incompleteness. Two main results are shown: (i) reasons usually advanced to explain incompleteness, such as the indescribability of future contingencies or the asymmetric information between the contracting parties, are not necessarily relevant; (ii) coupled with the constraint of initial contract renegotiation, the unverifiability constraint, a key notion in incomplete contract theory, allows to derive an endogenous choice of incompleteness. More precisely, incomplete contract theory shows that an incomplete contract can be defined as a limit form of a complete contract.

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Volume 81, no 1-2, mars-juin 2005

Sommaire

Productivité et croissance économique à l’ère de l’information : une perspective internationale

Sous la direction de Tarek M. Harchaoui

Préface: Robert M. Solow
Introduction générale: Tarek M. Harchoui

Articles

Technologies de l’information, croissance économique et productivité : une perspective globale

Les technologies de l’information et les économies du G7
Dale W. Jorgenson

Pourquoi, pendant que la locomotive de la productivité se mettait en branle aux États-Unis, l’Europe est-elle restée en gare ?
Robert J. Gordon

Technologies de l’information, croissance économique et productivité : quelques expériences nationales

L’impact des nouvelles technologies de l’information sur la croissance française, 1980-2001
Johanna Melka, Laurence Nayman

Y a-t-il une nouvelle économie en Irlande ?
Geraldine Slevin

Les gains de productivité au moyen de l’usage des technologies de l’information : l’expérience australienne
Dean Parham

L’utilisation des technologies de l’information et sa contribution à la croissance en Australie
John Simon, Sharon Wright

Technologies de l’information : diffusion et externalités

Effets de la diffusion des technologies de l’information sur la croissance potentielle et observée
Gilles Cette, Jacques Mairesse, Yusuf Kocoglu

Qu’en est-il des externalités du capital des technologies de l’information? Évidence basée sur le Canada et les États-Unis
Tarek M. Harchoui, Faouzi Tarkhani

Technologies de l’information et croissance de la productivité :
une perspective microéconomique

Technologies de l’information, productivité et croissance des entreprises: résultats basés sur de nouvelles microdonnées internationales
Barbara K. Atrostic, Peter Boegh-Nielsen, Kazuyuki Motohashi, Sang Nguyen

Persistance de la croissance économique et des gains de productivité

Le contre-choc de la « nouvelle économie » : une étude de cas sur cinq pays de l’OCDE
Hèlène Baudchon

Les technologies de l’information et la productivité : situation actuelle et perspectives d’avenir
Stephen D. Oliner, Daniel E. Sichel


Les technologies de l’information et les économies du G7

Dale W. JORGENSON
Harvard University

Résumé — Dans cet article, je compare la croissance économique des divers pays du G7 – le Canada, la France, l’Allemagne, l’Italie, le Japon, le Royaume-Uni et les États-Unis. Ces comparaisons s’articuleront autour des répercussions de l’investissement dans les technologies de l’information et les logiciels au cours de la période 1980-2001. En ayant recours aux prix internationaux harmonisés, j’ai analysé le rôle de l’investissement et de la productivité comme sources de la croissance dans les pays du G7 au cours de la période 1980-2001. J’ai subdivisé cette période de part et d’autre des années quatre-vingt-neuf et quatre-vingt-quinze, afin de pouvoir me concentrer davantage sur l’époque la plus récente. J’ai décomposé la croissance de la production de chaque pays en accroissement des intrants et en hausse de la productivité. Enfin, j’ai réparti l’augmentation des intrants entre les investissements dans les biens corporels, particulièrement dans le domaine des technologies de l’information et des logiciels, et dans le capital humain.

Abstract — Information Technology and the G7 Economies. In this paper I present new international comparisons of economic growth among the G7 nations – Canada, France, Germany, Italy, Japan, the U.K. and the U.S. These comparisons focus on the impact of investment in information technology (IT) equipment and software over the period 1980-2000. Using internationally harmonized prices, I have analyzed the role of investment and productivity as sources of growth in the G7 countries over the period 1980-2000. I have subdivided the period in 1989 and 1995 in order to focus on the most recent experience. I have decomposed growth of output for each country between growth of input and productivity. Finally, I have allocated the growth of input between investments in tangible assets, especially information technology and software, and human capital.

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Pourquoi, pendant que la locomotive de la productivité se mettait en branle aux États-Unis, l’Europe est-elle restée en gare ?

Robert J. GORDON
Northwestern University
et Center for Economics Policy Research (CEPR)

Résumé —  Après 50 ans de rattrapage du niveau de productivité des États–Unis, l’Europe accumule du retard depuis 1995. En effet, le taux de croissance de la production horaire n’atteignait, sur le Vieux Continent, que la moitié de celui des États-Unis en 1995-2003 et cet écart annuel a ramené le niveau de la productivité européenne de 94 % du niveau des États-Unis à seulement 85 %. Un cinquième du rattrapage européen (de 44 % à 94 %) effectué dans le demi-siècle précédent a été complètement perdu depuis 1995.

Des études désagrégées portant sur les secteurs industriels laissent entendre que la principale différence entre l’Europe et les États-Unis se trouve dans les industries ayant recours aux technologies de l’information (TI), notamment le commerce de gros et de détail, de même que le courtage des valeurs mobilières. Le contraste dans la vente au détail attire l’attention sur les barrières réglementaires et l’aménagement du territoire en Europe empêchant le développement des grands magasins de détail du type de ceux qui ont rendu possible une bonne partie des gains de productivité aux États-Unis. Depuis des décennies, les États-Unis et l’Europe ont choisi des directions opposées en matière de politiques publiques ayant une incidence sur le développement urbain. Les États-Unis ont favorisé des zones métropolitaines à basse densité et fortement dispersées en construisant des autoroutes dans les villes et en étranglant le transport public, en accordant des réductions d’impôts à la propriété résidentielle et en permettant aux gouvernements locaux de maintenir une faible densité d’occupation avec l’imposition d’une taille minimale pour les lots rési-dentiels. Par contre, les Européens ont choisi des politiques tout autres, en encourageant l’occupation résidentielle de haute densité et les districts commerciaux au cœur des villes, tout en décourageant les installations nouvelles en zones suburbaines et « exurbaines », lesquelles conviennent si bien au développement des grands magasins actuels.

La partie centrale de cet article s’inspire d’une récente publication de Phelps (2003) selon laquelle le dynamisme économique est d’une part stimulé par des politiques qui favorisent la concurrence et la souplesse du financement par capitaux propres et d’autre part étouffé par des institutions corporatistes, conçues pour protéger les producteurs en place et empêcher les nouveaux venus de se tailler une place. Certaines valeurs culturelles européennes découragent l’ambition et l’indépendance des adolescents et des jeunes adultes, contrairement à ce qui se passe aux États-Unis. Si la concurrence, le corporatisme et la culture peuvent contribuer à expliquer les divergences transatlantiques dans la croissance de la productivité, elles mettent aussi en lumière, dans les deux continents, des lacunes institutionnelles profondément ancrées et susceptibles de persister.

La dernière section de l’article identifie les racines profondes du climat plus favorable à l’innovation aux États-Unis qu’en Europe, notamment le système ouvertement concurrentiel des universités privées et publiques, les subventions gouvernementales accordées aux universités sous la forme d’aide à la recherche en fonction d’une évaluation par les pairs plutôt que par l’entremise de bourses sans conditions libérant les étudiants du premier cycle des droits de scolarité, la prédominance mondiale des écoles de commerce et des sociétés de conseil en gestion des États-Unis, l’excellente protection des brevets, l’infrastructure financière flexible permettant de mobiliser du capital de risque à l’intention des innovations prometteuses, les avantages d’une langue commune, la migration intérieure sans entraves et enfin, un environnement accueillant pour les immigrés hautement qualifiés.

Abstract — After fifty years of catching up to the U. S. level of productivity, since 1995 Europe has been falling behind. The growth rate in output per hour over 1995-2003 in Europe was just half that in the United States, and this annual growth shortfall caused the level of European productivity to fall back from 94 percent of the U. S. level to 85 percent. Fully one-fifth of the European catch-up (from 44 to 94 percent) over the previous half-century has been lost over the period since 1995.

Disaggregated studies of industrial sectors suggest that the main difference between Europe and the U. S. is in ICT-using industries like wholesale and retail trade and in securities trading. The contrast in retailing calls attention to regulatory barriers and land-use regulations in Europe that inhibit the development of the ‘big box’ retailing formats that have created many of the productivity gains in the U. S. For many decades, the U. S. and Europe have gone in opposite directions in the public policies relevant for metropolitan growth. The U. S. has promoted highly dispersed low-density metropolitan areas through its policies of building intra-urban highways, starving public transit, providing tax subsidies to home ownership, and allowing local governments to maintain low density by maintaining minimum residential lot sizes. Europeans have chosen different policies that encourage high-density residential living and retail precincts in the central city while inhibiting the exploitation of ‘greenfield’ suburban and exurban sites suitable for modern ‘big box’ retail developments.

The middle part of the paper draws on recent writing by Phelps: economic dynamism is promoted by policies that promote competition and flexible equity finance and is retarded by corporatist institutions designed to protect incumbent producers and inhibit new entry. European cultural attributes inhibit the development of ambition and independence by teenagers and young adults, in contrast to their encouragement in the U. S. While competition, corporatism, and culture may help to explain the differing transatlantic evolution of productivity growth, they reveal institutional flaws in both continents that are inbred and likely to persist.

The final section of the paper identifies the roots of the favorable environment for innovation in the U. S. compared to Europe. Elements include an openly competitive system of private and public universities, government subsidies to universities through peer-reviewed research grants rather than unconditional subsidies for free undergraduate tuition, the world dominance of U.S. business schools and management consulting firms, strong U. S. patent protection, a flexible financial infrastructure making available venture capital finance to promising innovations, the benefits of a common language and free internal migration, and a welcoming environment for highly-skilled immigrants.

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L’impact des nouvelles technologies de l’information sur la croissance française, 1980-2001

Johanna MELKA
Laurence NAYMAN
Centre d’etudes prospectives et d’informations internationales (CEPII)

Résumé — Cet article évalue la contribution des technologies de l’information à la croissance française au niveau macroéconomique. Nous mettons l’accent sur le rôle de la qualité du travail dans l’évolution de la productivité, notamment sur la période 1982-2001 et analysons les facteurs qui favorisent ou au contraire détériorent cette qualité.

L’une des raisons, pour lesquelles la France et l’Allemagne restent en retrait des États-Unis et du Royaume-Uni en matière de contribution du capital lié aux technologies de l’infor-mation, est à rechercher non pas dans les taux de croissance mais dans les parts de l’investissement en technologies de l’information, la part américaine dans les investissements non résidentiels totaux étant deux fois plus élevée que les parts française et allemande.

La contribution des technologies de l’information à la croissance de la productivité horaire s’est sensiblement élevée entre 1990-1995 et 1995-2001. Cette accélération, qui se double d’une hausse de la productivité multifactorielle ne s’est pas accompagnée d’une amélioration de la qualité du travail. Celle-ci a régulièrement augmenté en France jusqu’à la période 1990-1995, grâce à la contribution de l’éducation. Cependant, sur la dernière période, la baisse de la qualité du travail français est concomitante à la hausse des heures travaillées des catégories de travailleurs moins bien rémunérés, en particulier les jeunes.

La différence d’accélération de la productivité multifactorielle entre la France et les États-Unis, favorable à la France sur la dernière période, témoigne de l’emploi accru aux États-Unis des intrants. La baisse du chômage des non-qualifiés tend par ailleurs à y modérer la contribution des diplômes à la qualité du travail sur la décennie quatre-vingt-dix par rapport à la décennie précédente.

Abstract — This paper quantifies the contribution of information technology (IT) to growth in France at the macro-level. On the labour side, the paper also provides evidence of the role played by hours worked, by stressing the contributions of various factors to labour quality and the way they affected labour productivity in the period 1995-2001.

One of the reasons why France lags behind the U.S. in terms of the contribution to growth by information capital technology (ICT) is that although ICT investment growth was sustained as much in France as in the U.S., the proportion of U.S. ICT investment in total investments was more than twice as high as the French share.

In France, the contribution of ICT to hourly labour productivity growth accelerated quite strongly over 1995-2001, relative to the previous period. This acceleration was indeed accompanied by an acceleration in total factor productivity but not by an increase in the quality of French labour. The latter did indeed increase regularly till the period 1990-1995, due largely to the contribution of education. Over the last period, the decrease in the quality of French labour was in synchrony with the fall in hours worked by older labour (> 54 years old) and the rise in hours worked by less well-paid workers and especially younger workers.

The differential in multifactor productivity acceleration between France and the U.S., favouring France over the last period, illustrates the greater use of production factors in the United States. The decrease in unemployment of the unskilled people weighs there on the contribution of education to labour quality over the nineties relative to the eighties.

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Y a-t-il une nouvelle économie en Irlande ?

Geraldine SLEVIN
Central Bank of Ireland

Résumé —  Dans la présente étude, nous examinons la performance de l’économie irlandaise au moyen d’un cadre comptable de la croissance. Cette analyse vise à déterminer si une « nouvelle économie » s’est implantée en Irlande. Au niveau agrégé, la croissance de la productivité a augmenté considérablement ces dernières années. La productivité impressionnante de l’économie dans son ensemble est attribuable principalement aux secteurs industriels de l’économie. Une analyse désagrégée révèle que la forte croissance de la productivité dans l’ensemble du secteur de la fabrication est attribuable dans une large mesure aux technologies de pointe et plus particulièrement aux produits chimiques. Toutefois, une part importante du succès du secteur des technologies de pointe peut être attribuée à l’investissement des multinationales américaines en Irlande. La production élevée dans ce secteur s’explique par l’établissement de prix de transfert par ces entreprises et du rendement élevé de la recherche et développement. Ainsi, toute conclusion concernant l’implantation d’une « nouvelle économie » en Irlande est assez limitée, puisque les taux de croissance de la productivité dans le secteur des technologies de pointe sont faussés dans les données.

Abstract — This paper examines the performance of the Irish economy using a growth-accounting framework. The aim of this analysis is to determine whether a  » new economy  » has developed in Ireland. At the aggregate level, productivity growth increased substantially in recent years. The impressive productivity performance of the overall economy was primarily driven by the industrial sectors of the economy. A sub-sectoral analysis revealed that strong productivity growth in the aggregate manufacturing sector was largely accounted for by the high-tech sector, particularly the chemicals sector. However, a large part of the success of the high-tech sector can be attributed to US multinationals investing in Ireland. Transfer pricing by these companies and high returns to research and development results in high net output figures in this sector. This implies that any conclusions regarding a  » new economy  » in Ireland is rather limited, as productivity growth rates in the high-tech sector are distorted in the data.

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Les gains de productivité au moyen de l’usage des technologies de l’information : l’expérience australienne

Dean PARHAM
Productivity Commission,
Canberra, Australia

Résumé —  Cette étude fait appel à un cadre de la comptabilité de la croissance pour comparer la contribution des technologies de l’information à l’accélération de la productivité du travail en Australie et aux États-Unis. En utilisant les États-Unis comme repère, la présente étude attribue jusqu’à 0,3 point de pourcentage de cette accélération de 1 point de pourcentage aux technologies de l’information. Les technologies de l’information n’ont pas eu d’effet net sur l’intensité du capital puisque leur hausse a remplacé les autres formes de capital. La contribution des technologies de l’information est attribuable à la restructuration des entreprises et à l’innovation de produits et procédés qu’elle a rendue possible. Jusqu’ici les gains ont été concentrés dans les services de la distribution (particulièrement le commerce de gros) et des services financiers.

Abstract — This paper uses a growth accounting framework to compare the contribution of information technology to productivity accelerations in Australia and the USA. Using the USA as a benchmark, this study attributes up to 0.3 of a percentage point of Australia’s one percentage point acceleration in labour productivity growth to information technology. Information technology has had no net effect on capital deepening, as increased use of infor-mation technology has substituted for other forms of capital. The contribution of information technology is attributed to gains from business restructuring and innovations in product and process that they enable. The gains to date have been concentrated in distribution (especially wholesaling) and financial services.

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L’utilisation des technologies de l’information et sa contribution à la croissance en Australie

John SIMON
Sharon WRIGHT
Reserve Bank of Australia

Résumé — La présente étude a pour but d’évaluer, dans le cadre de la comptabilité de la croissance, les gains de croissance réalisés en Australie au cours des années quatre-vingt-dix grâce à l’utilisation des technologies de l’information. Elle se fonde sur de nouvelles estimations du stock de capital productif calculées au niveau de la branche d’activité. Notre analyse laisse entendre que l’Australie a su profiter de la « nouvelle économie ». Le niveau d’utilisation des technologies informatiques y est parmi les plus élevés du monde, et l’investissement des entreprises australiennes dans les ordinateurs et le matériel connexe augmente rapidement depuis le début des années quatre-vingt-dix. Plutôt que d’être répartie uniformément entre les divers secteurs de l’économie, l’utilisation des ordinateurs est concentrée dans ceux axés sur les services, comme les télécommunications ou les intermédiaires financiers et les assurances. En outre, la moitié environ des gains dus à l’utilisation des technologies de l’information est attribuable à la baisse des prix, tandis que l’autre moitié peut être due à l’augmentation des dépenses nominales. Nous concluons que, grâce à l’utilisation des ordinateurs, l’Australie a vu croître considérablement sa production et qu’elle a bénéficié des progrès techniques réalisés dans ce secteur par la voie de la réduction des prix transmise aux utilisateurs. Donc, être un utilisateur net d’ordinateurs offre des avantages considérables, outre ceux liés au fait d’être un producteur mentionnés plus couramment.

Abstract — This paper investigates the gains from the use of information technology in Australia during the 1990s using a growth accounting framework. We make use of new industry-level estimates of the productive capital stock. Our analysis suggests that Australia has done well out of the  » new economy « . Its use of computer technology is amongst the highest in the world with Australian business investment in computer and related equipment growing rapidly since the early 1990s. Computer use has not been uniform throughout the economy but concentrated in more service-oriented sectors such as telecommunications, and finance and insurance. Additionally, we find that around one-half of the gains from the use of information technology can be attributed to price falls while the other half can be attributed to higher nominal expenditure. We arrive at the conclusion that Australia has experienced significant output growth related to computer use and has benefited from the technological advances in the sector through lower prices passed on to users. Thus, we conclude that there are substantial benefits to be gained from being a net user of computers as well as the more commonly mentioned benefits from being a producer.

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Effets de la diffusion des technologies de l’information sur la croissance potentielle et observée

Gilbert CETTE
Banque de France,
Universite d’Aix-Marseille II (CEDERS)
Jacques MAIRESSE
INSEE-CREST
Yusuf KOCOGLU
Universite d’Aix-Marseille II (CEDERS)

Résumé — L’étude propose une analyse des effets de l’émergence et de la diffusion des technologies de l’information sur la croissance potentielle et observée de l’output et de la productivité du travail en France, au cours des deux dernières décennies. De façon habituelle, les technologies de l’information regroupent ici le matériel informatique, les logiciels et les matériels de communication.

Il en ressort que la diffusion des technologies de l’information élève le rythme de la croissance potentielle (par rapport à une situation très théorique où les technologies de l’information n’existeraient pas) via l’accélération de la productivité induite par l’utilisation de ces biens et services. Cet effet sur la croissance potentielle se décompose en un effet de moyen à long terme correspondant au capital deepening en technologies de l’information et aux gains de productivité multifactorielle que l’utilisation des technologies de l’information entraîne. L’effet transitoire de court à moyen terme est lié à la baisse transitoire du NAIRU (Non-accelerating inflation rate of unemployment) elle-même induite par l’indexa-tion retardée des salaires sur la productivité. Les ordres de grandeur auxquels aboutissent les chiffrages proposés montrent que l’enjeu est considérable pour la composante de moyen à long terme. Concernant l’effet transitoire de court à moyen terme, l’analyse rétrospective de l’évolution des taux de marge des entreprises semble démentir un effet favorable.

Abstract — The Effects of the Diffusion of Information Technology on Potential and Actual Output Growth. This study examines the effects that the introduction and diffusion of information technology have had on potential and actual growth of output and labour productivity in France over the last two decades. We show that IT diffusion boosts the potential output growth rate (as compared to a highly theoretical situation in which IT does not exist) via the productivity spurt resulting from the use of IT. This effect on potential output growth may be broken down into two components: i) a medium to long term effect that corresponds to IT capital deepening and to the gains in multifactor productivity associated with IIT use, and ii) a short to medium term transitory effect linked to the temporary fall in the NAIRU ensuing from the lagged indexation of wages to productivity. The results show that the stakes are significant for the medium to long term component. With regard to the short to medium term transitory effect, the backward-looking analysis of the trend in corporate profit margins seems to refute the existence of a positive effect.

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Qu’en est-il des externalités du capital des technologies de l’information? Évidence basée sur le Canada et les États-Unis

Tarek M. HARCHAOUI
Faouzi TARKHANI

Division de l’analyse microeconomique
Statistique Canada

Résumé — Nous appliquons des techniques économétriques aux données par industrie des économies canadiennes et américaines pour examiner s’il existe des externalités associées à la composante technologies de l’information de l’intrant capital. Les résultats issus de la technique conventionnelle de données en panel sont comparés à ceux issus de la méthode d’estimation des données en panel hétérogènes et dynamiques. Comme pour les résultats de la littérature économique, nous trouvons que la méthode conventionnelle des données en panel ne permet pas de montrer un lien positif entre l’intrant capital des technologies de l’information et la production. Ceci traduit l’incapacité de cette technique à rendre compte, à la fois, du caractère hétérogène des données et de l’aspect dynamique du phénomène considéré ici. La méthode dynamique des données en panel permet, en revanche, de trouver un impact positif et significatif de long terme des intrants. Les résultats confirment la présence d’importantes externalités associées aux technologies de l’information pour les États-Unis, reflétant ainsi le rôle de chef de file de ce pays dans ce domaine. Au Canada, en revanche, l’élasticité associée au capital des technologies de l’information est proche de la pondération issue du cadre de la comptabilité de la croissance. De plus, les résultats paramétriques ne permettent pas, dans l’ensemble, de rejeter l’hypothèse de rendements constants au niveau agrégé pour le Canada, justifiant ainsi le bien-fondé du modèle de comptabilité de la croissance.

AbstractWhatever Happened to the Externalities of Information Technology Capital? Evidence Based on Canada and the United States . We apply econometric techniques to Canadian and U.S. industry data to ascertain whether information technology capital gives rise to externalities. The results based on standard panel data techniques are compared to those that accommodate heterogeneous and dynamic panel data. Much like the literature, our results indicate the standard panel data method does not show a positive relationship between information technology capital and output. This reflects the difficulty of this technique to accommodate the heterogeneous and dynamic nature of the data considered in this study. In contrast, the dynamic panel data method shows a positive long term impact of inputs. Our results suggest the presence of important externalities ascribed to information technology in the United States, reflecting the leadership of this country in this area. In contrast, in Canada, the elasticity of information technology capital services is close to the share of this input provided by the growth accounting framework. In addition, the parametric results generally support the constant returns to scale hypothesis for Canada at the aggregate level, thereby making sense of the growth accounting framework.

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Technologies de l’information, productivité et croissance des entreprises: résultats basés sur de nouvelles microdonnées internationales

Barbara K. ATROSTIC
U.S. Census Bureau
Peter BOEGH-NIELSEN
Danmarks Statistiks
Kazuyuki MOTOHASHI
Université Hitotsubashi
Research Institute of Economy,
Trade and Industry
Sang NGUYEN
U.S. Census Bureau

Résumé — La relation entre les technologies de l’information (TI), la productivité et la crois-sance économique a été établie au niveau agrégé. Cependant, les mécanismes par lesquels l’effet se manifeste au niveau de l’entreprise restent à préciser. Les organismes statistiques ont élaboré des indicateurs de l’aptitude des entreprises à utiliser les technologies de l’infor-mation (p. ex. l’infrastructure des technologies de l’information, la diffusion de technologies particulières) et certains indicateurs de l’utilisation réelle (p. ex. buts et fréquence d’utilisation). L’étape suivante consiste à produire des estimations de l’impact de l’utilisation des technologies de l’information. Une étude menée récemment par l’OCDE visait à résoudre cette question en utilisant des données agrégées pour les pays membres de l’OCDE, ainsi que des microdonnées pour l’Allemagne et les ÉtatsUnis. Une deuxième phase de l’étude de l’OCDE consistera en une série de projets, regroupant deux ou trois pays, réalisée au moyen de nouvelles microdonnées obtenues récemment pour une douzaine de pays environ. Le présent article décrit l’un de ces projets, destiné à évaluer l’effet des technologies de l’information au Danemark, au Japon et aux ÉtatsUnis. Chacun de ces pays a recueilli récemment de nouvelles données sur l’utilisation des technologies de l’infor-mation au niveau de l’entreprise et procédé à l’analyse préliminaire de celles-ci. En outre, chaque pays se distingue des autres par sa structure de marché et sa structure institutionnelle. La prochaine phase du projet consistera à élaborer des estimations de l’effet de l’utilisation des technologies de l’information fondées sur ces nouvelles microdonnées, ainsi qu’à émettre et à tester des hypothèses qui tiennent compte des différences entre les structures de marché et les structures institutionnelles de ces pays.

AbstractInformation Technology, Productivity, and Growth in Enterprises: Evidence from New International Micro Data . A positive relationship between information technology (IT), productivity, and growth has been established at the aggregate level. What remain unclear are the mechanisms through which the effect operates at the level of specific businesses. Statistical agencies have developed indicators of businesses’ readiness to use IT (e.g. the IT infrastructure, diffusion of specific technologies), and some indicators on actual usage (e.g., purposes, frequency of use). The next phase is using those data to develop estimates of the impact of IT use. A recent study addressed this question using aggregate data for Organization for Economic Cooperation and Development (OECD) countries, and micro data (data for specific businesses) for Germany and the U.S. A second phase of that study envisions a series of two- and three-country studies making use of newly available micro data for roughly a dozen countries. This paper outlines one such study, a three-country project addressing the impact of IT use in Denmark, Japan, and the U.S. Each country recently collected new data at the level of specific businesses on the use of IT by businesses, and has conducted preliminary analyses of its own data. Each country also has different underlying market and institutional structures. The findings presented here are preliminary. They show that network information technology has a significant impact on labour productivity growth in United States. The next phase of this project will develop estimates of the impact of IT use based on these new micro data, developing and testing hypotheses that acknowledge differences among the countries in market and institutional structures.

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Le contre-choc de la « nouvelle économie » : une étude de cas sur cinq pays de l’OCDE

Hélène BAUDCHON
Département des études économiques
Crédit agricole

Résumé — Cet article vise à animer le débat sur les suites du retournement du secteur des technologies de l’information et de la communication. Il se focalise sur cinq pays de l’OCDE : les États-Unis, l’Irlande, la Finlande, les Pays-Bas, pour leur position dominante dans ce domaine, et la France comme référence nationale. Chaque pays affiche une spécialisation particulière. Il s’agit de comprendre dans quelle mesure cela peut expliquer la plus ou moins grande résistance de chaque économie au retournement du secteur des technologies de l’information. L’impression générale est que le ralentissement américain est resté modéré, grâce à la combinaison de deux éléments : la résistance des gains de productivité et le dynamisme persistant des dépenses des ménages, compensant une partie de la chute de l’investissement productif. La Finlande, la France, l’Irlande et les Pays-Bas ont été, à première vue, au moins autant affectés que les États-Unis en termes d’infléchissement de la croissance entre 2000 et 2001. Pour autant, la nouvelle économie n’est pas dépassée.

AbstractThe Aftermath of the « New Economy » Bust: a Case Study of Five OECD Countries . Few things have been said about the aftermath of the « new economy » bust. This paper examines the experience of five OECD countries: the United States, Ireland, Finland, the Netherlands because they are leading ICT countries, and France as a national reference. To better understand how each country has been performing since the Internet bubble burst, we first describe the importance of the ICT sector in these countries through a set of variables underlining the role of ICT in each economy. We then describe the timing and the nature of the downturn, focusing primarily on the United States because of its leading role. The ICT sector has been strongly hit and is still restructuring. Nonetheless, its growth potential remains still high.

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Les technologies de l’information et la productivité : situation actuelle et perspectives d’avenir

Stephen D. OLINER
Daniel E. SICHEL

Federal Reserve Board

Résumé — Dans la deuxième moitié des années quatre-vingt-dix, la croissance de la productivité de l’économie américaine a rebondi, un phénomène que nombre d’analystes ont attribué aux technologies de l’information. Cependant, peu de temps après que ce consensus se soit imposé, la demande pour les produits de technologies de l’information s’effondrait, relançant un vif débat sur le lien entre les technologies de l’information et la productivité, de même que sur la durabilité éventuelle d’une croissance aussi forte. Nous apportons notre contribution à ce débat de deux manières : premièrement, dans le but d’évaluer la robustesse de notre argumentation antérieure, nous prolongerons, jusqu’à la fin de 2001, notre analyse de la comptabilité de la croissance, dont nous avons déjà publié les résultats (Oliner et Sichel, 2000a). Les nouveaux résultats confirment les conclusions de nos travaux antérieurs : la croissance accélérée de la productivité du travail après 1995 découle principalement de l’usage croissant des biens d’équipement de type technologies de l’information et de gains d’efficacité accrus du côté de leur production; deuxièmement, nous analyserons les propriétés de régime d’état stationnaire d’un modèle de croissance multisectoriel, afin de jauger la durabilité potentielle d’un tel regain de productivité. Nous en déduirons une fourchette de valeurs pour la croissance de la productivité du travail, se situant entre 2 % et 2 ¾ % par année, ce qui laisse présager que l’essentiel – sinon la totalité – de ce regain de vitalité pourrait être durable.

AbstractInformation Technology and Productivity: Where Are We Now and Where Are We Going? Productivity growth in the U.S. economy jumped during the second half of the 1990s, a resurgence that many analysts linked to information technology (IT). However, shortly after this consensus emerged, demand for IT products fell sharply, leading to a lively debate about the connection between IT and productivity and about the sustainability of the faster growth. We contribute to this debate in two ways. First, to assess the robustness of the earlier evidence, we extend the growth-accounting results in Oliner and Sichel (2000a) through 2001. The new results confirm the basic story in our earlier work – that the acceleration in labor productivity after 1995 was driven largely by the greater use of IT capital goods and by the more rapid efficiency gains in the production of IT goods. Second, to assess whether the pickup in productivity growth is sustainable, we analyze the steady-state properties of a multi-sector growth model. This exercise generates a range for labor productivity growth of 2 percent to 2 ¾ percent per year, which suggests that much – and possibly all – of the resurgence is sustainable.

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Volume 80, no 4, décembre 2004

Sommaire

Articles

Les enjeux économiques du Québec
Jean-Philippe Cotis

Allocution présidentielle de la SCSE :
Où en sommes-nous avec les coûts sociaux du transport?
Robert Gagné

Normes sociales et productivité dans le processus d’appariement des contrats agricoles
Mbolatiana Rambonilaza

Méthodes d’inférence exactes pour un modèle de régression avec erreurs AR(2) gaussiennes
Jean-Marie Dufour, Malika Neifar

L’analyse comparative de la performance entre les entreprises publiques et les entreprises privées : le problème de mesure et son impact sur les résultats
Richard Bozec

L’économique en perspective

Enchères, redressement ou liquidation judiciaire
Bertrand Chopard

Comptes rendus

Jeremy Bentham, Le Panoptique
Christophe L. Chauvet

Sous la direction de L. Martin Cloutier et Christian DeBresson, avec la collaboration de Erik Dietzenbacher : Changement climatique, flux technologiques, financiers et commerciaux – Nouvelles directions d’analyse d’entrée-sortie
André Martens

Rapport du directeur de L’Actualité économique
Claude-Denys Fluet

Programme du 44e Congrès annuel de la Société canadienne de science économique


ALLOCATION PRÉSIDENTIELLE DE LA SCSE : 44e CONGRÈS ANNUEL DE LA SOCIÉTÉ CANADIENNE DE SCIENCE ÉCONOMIQUE (SCSE) QUÉBEC, LE 5 MAI 2004

Où en sommes-nous avec les coûts sociaux du transport?

Robert GAGNÉ
HEC Montréal
Chaire CN en économie et intermodalité des transports
CIRANO
CIRPÉE

Résumé — Le secteur des transports se caractérise notamment par des écarts significatifs entre les coûts privés et les coûts sociaux. Ces écarts entraînent des distorsions qui sont source d’inefficacités économiques pouvant, en principe, se corriger à l’aide des outils économiques traditionnels que sont la tarification et la taxation. Nous examinons les raisons pouvant expliquer pourquoi on observe très peu de cas de taxation ou de tarification dans le secteur des transports. Nous discutons également de l’efficacité de ces outils et de leur pertinence dans un contexte où l’utilisation de ces outils relève des décideurs publics. Enfin, nous discutons d’avenues alternatives et complémentaires à la tarification et la taxation.

Abstract — Private and social costs are significantly different in the transportation sector. These differences are a source of economic inefficiencies which can be reduced by using two traditional economic tools: pricing and taxation. We explore the reasons that may explain why pricing and taxation are not widely used in the transportation sector. We also discuss the efficiency of these two tools and their relevance given a context where their application is a political matter. Finally, we also discuss alternative and complementary solutions to pricing and taxation.

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Normes sociales et productivité dans le processus d’appariement des contrats agricoles

Mbolatiana RAMBONILAZA
CEMAGREF de Bordeaux
Unité Aménités et Dynamique de l’Espace Rural

Résumé — Cet article essaie de mettre en évidence le rôle de la compétence dans le processus d’appariement des partenaires sur le marché de la location des terres et l’importance des normes sociales dans l’organisation agraire. La variable compétence est dans la plupart des cas non observable par l’économètre. À partir de l’estimation de la fonction de production des ménages agricoles par la méthode de l’économétrie des données de panel, nous proposons une méthodologie permettant de disposer d’une mesure de cette variable. L’analyse de la covariation des niveaux des compétences des propriétaires avec ceux des loca-taires sur les parcelles sous contrat montre une complémentarité des deux partenaires quant à leur compétence agricole. Par ailleurs, les tests empiriques montrent que le processus d’appariement n’est pas aléatoire. Ces résultats amènent à conclure que les normes sociales organisent le marché. Ces normes ne sont pas toujours efficaces car elles peuvent exclure du marché certains ménages compétents.

Abstract — In the standard problem of mechanism design under adverse selection, it is well known that the payment from the Principal will be an increasing function of the agent’s unknown productivity or skill. Development economists are generally of the opinion that adverse selection is of little relevance in the context of closely-knit village communities. Hence, in the land rental market, if tenant’ skill is a widely shared information between landowners, access to land for a particular tenant will depend on his own skill. We then investigate the role of skill variable in the matching process of landlords and tenants for a Tunisian village for which we have data on production, household characteristics and land rental contract. However, competence variable is not observable by the econometrician. We construct a measure of the household unobservable competence by estimating a plot level production function with household-specific fixed effects, which are then purged of household observable characteristics influence. The analysis of the covariation between the measure of unobservable competence obtained for the tenants and for the landlords provides an evidence of complementary mating. Interestingly, tenants have a higher skill level than their landlord. Furthermore, landowners rent out their land to tenant households with which they are engaged in other social relationships. Finally, social norms then provide relevant explanation for the exclusion of more skilled potential tenants from the land rental market.

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Méthodes d’inférence exactes pour un modèle de régression avec erreurs AR(2) gaussiennes

Jean-Marie DUFOUR
Université de Montréal
Malika NEIFAR
Institut Supirieur de Gestion de Sousse

Résumé — Ce texte propose des méthodes d’inférence exactes (tests et régions de confiance) sur des modèles de régression linéaires avec erreurs autocorrélées suivant un processus autorégressif d’ordre deux [AR(2)], qui peut être non stationnaire. L’approche proposée est une généralisation de celle décrite dans Dufour (1990) pour un modèle de régression avec erreurs AR(1) et comporte trois étapes. Premièrement, on construit une région de confiance exacte pour le vecteur des coefficients du processus autorégressif (φ). Cette région est obtenue par inversion de tests d’indépendance des erreurs sur une forme transformée du modèle contre des alternatives de dépendance aux délais un et deux. Deuxièmement, en exploitant la dualité entre tests et régions de confiance (inversion de tests), on détermine une région de confiance conjointe pour le vecteur φ et un vecteur d’intérêt γ de combinaisons linéaires des coefficients de régression du modèle. Troisièmement, par une méthode de projection, on obtient des intervalles de confiance « marginaux » ainsi que des tests à bornes exacts pour les composantes de γ. Ces méthodes sont appliquées à des modèles du stock de monnaie (M2 ) et du niveau des prix (indice implicite du PNB) américains.

Abstract — In this paper, we consider a linear regression model with Gaussian autoregressive errors of order p = 2, which may be nonstationary. Exact inference methods (tests and confidence regions) are developed for the autoregressive parameters and the regression coefficients. We generalize the method proposed in Dufour (1990) for linear regression models with autoregressive errors of order p = 1. The proposed approach consists in three stages. First, we build an exact confidence set for the complete vector of the autoregressive coefficients (φ). This region is obtained by inverting independence tests for model errors after the model has been transformed to get independent errors under the null hypothesis. The independence tests are based on combining tests for the presence of autocorrelation at lags one and two. Exploiting the duality between tests and confidence sets, an exact confidence set is then built by finding the set of autoregressive parameter values which are not rejected (test inversion). Second, using this confidence set for φ, simultaneous confidence sets for the autoregressive parameters and regression coefficients are obtained. Finally, marginal confidence intervals for the regression coefficients are derived using a projection approach. We also propose generalized bounds tests for the regression parameters. These methods are applied to time series models of the U.S. money stock ( M2 ) and GNP deflator.

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L’analyse comparative de la performance entre les entreprises publiques et les entreprises privées : le problème de mesure et son impact sur les résultats

Richard BOZEC
École de gestion
Université d’Ottawa

Résumé — De nombreuses recherches ont été réalisées au cours des 30 dernières années pour vérifier si la forme de propriété a un effet déterminant sur la performance. Cette étude met en lumière le problème de mesure qui caractérise ce type de recherche et qui découle des disparités, parfois importantes, entre les objectifs poursuivis par les entreprises publiques et les entreprises privées. Nous procédons à une revue des études empiriques dans le domaine en prenant soin d’identifier les situations où le problème de mesure est le plus manifeste. Nous en évaluons l’impact sur les résultats. Dans l’ensemble, les résultats de notre analyse suggèrent que les différences d’objectifs entre les entreprises expliquent en partie leurs différences de performance.

Abstract — A lot of research has been devoted so far to analyze the impact of ownership on firm performance. This study highlights the potential measurement selection bias of this research as a result of public and private firms pursuing different objectives. We review the literature on ownership comparison and identify situations where we believe the measurement bias is deemed to be more critical. We then evaluate the impact on the empirical evidence. Overall, the study suggests that the differences in the objectives between public and private firms are important in order to explain the differences in their performance.

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Enchères, redressement ou liquidation judiciaire

Bertrand CHOPARD
CREDES
Faculté de Droit et des Sciences Économiques Nancy 2

Résumé — Cet article offre une revue argumentée et critique de la littérature consacrée à l’utilisation d’un mécanisme d’enchères dans le traitement des défaillances d’entreprises au travers de deux questions. Quels sont les avantages et les inconvénients des deux systèmes a priori rivaux, l’enchère et la procédure collective fondée sur une analyse détaillée des possibilités de redressement de l’entreprise effectuée par le tribunal? Puis, quelles sont les difficultés posées par l’introduction d’une procédure d’enchères dans un système juridique hermétique à cet instrument? Par ce biais, c’est la question plus générale de la réforme des procédures collectives fortement encadrées par le tribunal qui est abordée.

Abstract — This article reviews developments concerning how firms, their stakeholders or bankruptcy courts may use auctions to resolve financial and economic distress. In our analysis, we give special attention to the two major following questions. First, what are the comparative advantages and limits of the two rival systems : the auction and the reorganization procedure where an official decides whether the firm should be continued or liquidated? Second, how to introduce auctions in a reorganization process where bankruptcy court has a great influence?

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Volume 80, nos 2-3, juin-septembre 2004

Sommaire

NUMÉRO SPÉCIAL : HOMMAGE À MARCEL DAGENAIS

Marcel Dagenais, 1935-2001
Bryan Campbell

Articles

Les firmes canadiennes répondent-elles aux incitations fiscales à la recherche-développement
Marcel Dagenais, Pierre Mohnen et Pierre Therrien

Évaluation de critères d’information pour les modèles de séries chronologiques
John W. Galbraith et Victoria Zinde-Walsh

Détection non paramétrique de sauts dans la volatilité des marchés financiers
Benoit Perron

Modèle bayésien de tarification de l’assurance des flottes de véhicules
Jean-François Angers, Denis Desjardins et Georges Dionne

Modèles économétriques de remboursement de prêts étudiants au Canada
Marie Connolly, Claude Montmarquette et Ali Béjaoui

Le problème des données longitudinales incomplètes : une nouvelle approche
Marie-France Paquet et Denis Bolduc

Un modèle économétrique dynamique de l’abandon scolaire au Québec et en Ontario
Christian Belzil

Réactions des contribuables aux variations des taux marginaux d’impôt : une étude portant sur des données de panel au Canada
Robert Gagné, Jean-François Nadeau et François Vaillancourt

Une condition d’invariance du modèle de régression à coefficients aléatoires
Gordon Fisher

La persistance des chocs au Canada, 1870-1996
Malika Hamdad et Tarek M. Harchaoui

Stratégies de recherche, contraintes spatiales et hétérogénéité des transitions vers l’emploi : estimation économétrique d’un modèle structurel de recherche
Sandra Cavaco, Jean-Yves Lesueur et Mareva Sabatier

Modélisation bayésienne non linéaire du taux d’intérêt de court terme américain : l’aide des outils non paramétriques
Michel Lubrano

Tests multiples simulés et tests de normalité basés sur plusieurs moments dans les modèles de régression
Jean-Marie Dufour, Abdeljelil Farhat et Lynda Khalaf

Filtres pour l’analyse courante
Simon van Norden


Les firmes canadiennes répondent-elles aux incitations fiscales à la recherche-développement


Marcel DAGENAIS

Pierre MOHNEN
Université de Maastricht
MERIT
et CIRANO
Pierre THERRIEN
Industrie Canada

Résumé — Cet article est une version condensée et légèrement révisée du cahier de recherche que nous avons écrit conjointement (Dagenais et al., 1997). Nous avions commencé à réviser ce papier dans le but de vérifier la robustesse de nos résultats, en estimant la relation entre la R-D et les incitations fiscales par une méthode d’appariement, quand Marcel Dagenais nous a malheureusement quittés. Nous espérons que les quelques modifications que nous avons apportées à la version précédente de cet article garde la marque de perfection qui a toujours caractérisé ses travaux.

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Évaluation de critères d’information pour les modèles de séries chronologiques

John W. GALBRAITH
Victoria ZINDE-WALSH
Department of Economics
McGill University

Résumé — Il existe plusieurs critères d’information dont le but est de faciliter la sélection du modèle statistique représentant le mieux possible la réalité. Ces critères s’appliquent notamment au cas des modèles de séries chronologiques à une seule variable. La théorie asymptotique peut être utilisée pour faire un choix entre ces critères. Par exemple, si le modèle possède un ordre authentique, il peut être démontré que certains critères sont fortement convergents pour cet ordre. Historiquement, l’estimation en échantillon fini se base sur la sélection d’un ordre unique, même si plusieurs auteurs reconnaissent l’importance du cas où il n’existe pas de vrai ordre fini. Nous proposons ici un survol de la littérature sur les critères d’information et sur leur comparaison asymptotique et en échantillons finis. Nous présentons également quelques comparaisons de critères en échantillons finis en ne prenant pas pour acquis un ordre authentique au modèle. Nous utilisons alors une mesure de distance dans le but d’évaluer les performances de divers critères dans la sélection de modèles simulés. Cette mesure nous permet de juger l’exactitude de la sélection de l’ordre des modèles résultant de l’utilisation des critères (la sélection non optimale) par rapport à la sélection de l’ordre des modèles simulés (la sélection optimale). Ceci n’est pas possible dans le cas où l’on assume une forme vraie par rapport à laquelle on compare notre modèle.

Abstract

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Détection non paramétrique de sauts dans la volatilité des marchés financiers

Benoit PERRON
Département de sciences économiques
Université de Montréal

Résumé — Des études récentes suggèrent que la variance conditionnelle des rendements financiers est sujette à des sauts. Ce papier étend une procédure non paramétrique de détection de sauts développée par Delgado et Hidalgo (2000) à la détection de sauts dans la variance conditionnelle. Les résultats de simulation démontrent que cette procédure estime de façon raisonnable le nombre de sauts ainsi que leurs emplacements. L’application de cette procédure aux rendements journaliers sur l’indice S&P 500 révèle la présence de plusieurs sauts dans la variance conditionnelle.

AbstractNonparametric Detection of Jumps in the Volatility of Financial Markets . Recent work suggests that the conditional variance of financial returns may exhibit sudden jumps. This paper extends a non-parametric procedure to detect discontinuities in otherwise continuous functions of a random variable developed by Delgado and Hidalgo (1996) to the conditional variance. Simulation results show that the procedure provides reasonable estimates of the number and location of jumps. This procedure detects several jumps in the conditional variance of daily returns on the S&P 500 index.

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Modèle bayésien de tarification de l’assurance des flottes de véhicules

Jean-François ANGERS
Denise DESJARDINS
CRT
Université de Montréal
Georges DIONNE
HEC Montréal
CRT
CIRPÉE

Résumé — Nous proposons un modèle paramétrique de tarification de l’assurance de véhicules routiers appartenant à une flotte. Les tables de primes qui y sont présentées tiennent compte des accidents passés des véhicules, des caractéristiques observables des véhicules et des flottes et des infractions au Code de la sécurité routière des conducteurs et des transporteurs. De plus, les primes sont ajustées en fonction des accidents accumulés par les flottes dans le temps. Il s’agit d’un modèle qui prend directement en compte des changements explicites des différentes composantes des probabilités d’accidents. Il représente une extension aux modèles d’assurance automobile de type bonus-malus pour les primes individuelles (Lemaire, 1985; Dionne et Vanasse, 1989 et 1992; Pinquet, 1997 et 1998; Frangos et Vrontos, 2001; Purcaru et Denuit, 2003). L’extension ajoute un effet flotte à l’effet véhicule pour tenir compte des caractéristiques ou des actions non observables des transporteurs sur les taux d’accidents des camions. Cette forme de tarification comporte plusieurs avantages. Elle permet de visualiser l’impact des comportements des propriétaires des flottes et des conducteurs des véhicules sur les taux d’accidents prédits et, par conséquent, sur les primes. Elle mesure l’influence des infractions et des accidents accumulés sur les primes d’assurance mais d’une façon différente. En effet, les effets des infractions sont obtenus via la composante de régression, alors que les effets des accidents proviennent des résidus non expliqués de la régression sur les accidents des camions via un modèle bayésien de tarification.

AbstractVehicle and Fleet Random Effects in a Model of Insurance Rating for Fleets of Vehicles . We are proposing a parametric model to rate insurance for vehicles belonging to a fleet. The tables of premiums presented take into account past vehicle accidents, observable characteristics of the vehicles and fleets, and violations of the road-safety code committed by drivers and carriers. The premiums are also adjusted according to accidents accumulated by the fleets over time. The model proposed accounts directly for explicit changes in the various components of the probability of accidents. It represents an extension of bonus-malus-type automobile insurance models for individual premiums (Lemaire, 1985; Dionne and Vanasse, 1989 and 1992; Pinquet, 1997 and 1998; Frangos and Vrontos, 2001; Purcaru and Denuit, 2003). The extension adds a fleet effect to the vehicle effect so as to account for the impact that the unobservable characteristics or actions of carriers can have on truck accident rates. This form of rating makes it possible to visualize what impact the behaviors of owners and drivers can have on the predicted rate of accidents and, consequently, on premiums.

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Modèles économétriques de remboursement de prêts étudiants au Canada

Marie CONNOLLY
CIRANO
et Princeton University
Claude MONTMARQUETTE
CIRANO
et Université de Montréal
Ali BÉJAOUI
Développement et ressources humaines Canada (DRHC)

Résumé — Six mois après avoir mis fin à leurs études, complétées avec succès ou non, les ex-étudiants sont tenus de rembourser leurs prêts d’études. Une majorité d’entre eux rembourseront la totalité de leurs prêts sur une période de 10 ans. D’autres connaîtront des difficultés à respecter leur engagement. Dans cette étude nous profitons d’une base exceptionnelle de données individuelles sur les prêts d’études au Canada pour étudier les déterminants des remboursements ou non des prêts et la durée avant le remboursement complet. Les résultats économétriques montrent l’importance de terminer ses études dans les temps requis à la fois pour éviter de faire défaut et aussi pour accélérer la période de remboursement. Une politique à envisager serait de gommer une partie des prêts lorsque l’étudiant complète ses études dans les temps requis. L’autre résultat est que le programme du report des intérêts n’a pas semblé très efficace pour faciliter le remboursement des prêts d’études pour la cohorte 1990-1991 étudiée. Finalement, un programme trop généreux de prêts d’études sans mise en garde sur les risques encourus par les étudiants d’investir dans certains programmes, notamment ceux opérés par le secteur privé, a des effets importants non seulement sur la pérennité du programme des prêts, mais aussi sur les mauvaises décisions de la part des étudiants dans leur choix d’études.

Abstract —  Six months after a student ceases being enrolled full-time in an educational institution, a loan contracted with the Canada student loans program is said to be consolidated and its repayment is expected. Many ex-students will repay their loan in total (capital and interest) within a ten-year period. However, a non-negligible proportion of borrowers will experience difficulty in the repayment of their loans. We are able to shed a new light on these issues because we have access to unique data to estimate econometric models of the determinants of interest relief and claims (defaults) as well as duration models for the repayment of student loans. We found that finishing the program supported by a loan is essential to avoiding default. Therefore, it may be worth considering policies that will reward anyone who completes his or her program. On the other hand, too much flexibility in access to loans might encourage experiments that could turn disastrous for the student and the national loan program. A loan program should also come with some information on the risk involved for the student before he or she invests in a particular field or program. One particular concern is the relatively high level of default for students attending private schools. Relatively easy access to loans could be an invitation for private institutions to capitalize on that fact with various educational programs having little bearing on the reality of the labour market. Eventually serious institutions will establish a reputation, but for some students it will be too late. Another result concerns the interest relief measure that seems not to have played its role of helping the 1990-1991 cohort of students to pass through difficult times.

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Le problème des données longitudinales incomplètes : une nouvelle approche

Marie-France PAQUET
Université d’Ottawa
Denis BOLDUC
Université Laval

Résumé — Dans ce travail, nous suggérons l’utilisation de l’échantillonnage de Gibbs combiné à l’augmentation des données pour estimer des modèles à données longitudinales incomplètes, qui dans le cas extrême où l’échantillon est composé de coupes transversales indépendantes, correspond au cas de modèle de type pseudo-panel. Cette idée peut être appliquée dans plusieurs contextes : modèles statiques ou dynamiques de type linéaires, non linéaires, de choix discrets, avec régresseurs endogènes, etc. Pour présenter la méthode proposée, nous l’appliquons dans le cas d’un modèle linéaire à variable dépendante continue. Comme point de comparaison, nous utilisons les estimations par l’approche conventionnelle dite de pseudo-panel basée sur des moyennes calculées sur des cohortes. La technique proposée dans ce travail donne des résultats supérieurs, en terme d’efficacité, à la technique conventionnelle. Cette conclusion demeure valide quelle que soit la proportion des observations manquantes.

Abstract — In this paper, we suggest to use a Gibbs sampler with data augmentation to estimate models based on incomplete longitudinal data which, in the extreme case where the sample is composed of independent cross-sections, corresponds to a situation that normally calls for pseudo-panel modeling. The idea suggested here can be applied in several contexts: static and dynamic models linear or nonlinear type, discrete choice models, models with endogenous regressors, etc. To present the suggested method, we apply it to a linear model with continuous dependent variable. For comparison purpose, we also use the conventional pseudo-panel approach which is based on averages computed on cohorts. In terms of efficiency, the technique suggested in this work gives better results than the conventional pseudo-panel technique. This conclusion remains valid for any proportion of missing observations in the sample.

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Un modèle économétrique dynamique de l’abandon scolaire au Québec et en Ontario

Christian BELZIL
Centre National de Recherche Scientifique
Gate, Université de Lyon 2,
IZA, CIREQ et CIRANO

Résumé — Dans cette étude, j’analyse les raisons qui expliquent pourquoi le taux d’abandon scolaire québécois est plus élevé que la moyenne nationale et, en particulier, beaucoup plus élevé qu’en Ontario (la province auquelle le Québec se compare tout naturellement). Le modèle économétrique est construit autour de groupes de trois facteurs fondamentaux; le niveau d’éducation des parents et / ou d’autres caractéristiques familiales, le sexe ainsi que l’hétérogénéité non observée et permet de déterminer jusqu’à quel point le différentiel positif entre le Québec et l’Ontario est d’un niveau normalement attendu, étant donné d’une part les différences de richesse entre les deux provinces et d’autre part la forte corrélation entre l’éducation des parents et des enfants (mesurée dans beaucoup de pays). Les résultats indiquent qu’au Québec, tout comme en Ontario, l’incidence de l’abandon scolaire décroît avec le niveau d’éducation des parents et est moins élevé chez ceux qui ont été élevés dans une famille unie. Au Québec, et contrairement à l’Ontario, l’incidence de l’abandon scolaire est beaucoup plus élevée chez les garçons. Le plus haut taux d’abandon scolaire chez les garçons semble indépendant de la composition familiale. Une analyse des salaires et revenus des jeunes décrocheurs semblent indiquer qu’ils ne sont pas pénalisés lorsqu’on les compare avec ceux qui sont entrés sur le marché du travail après avoir complété leur secondaire. Il semble donc que le faible taux de rendement associé à la diplômation, combiné au niveau relativement élevé du salaire minimum québécois, contribuent à maintenir le taux de décrochage québécois à un niveau particulièrement élevé.

Abstract — In this paper, I investigate the Quebec-Ontario school drop-out rate differential using a dynamic model of schooling attainment. The model stresses three distinct set of factors, parental education (or other family background variables), gender differences and unobserved (to the econometrician) factors. In both Quebec and Ontario, the school drop out rate is found to decrease with parental education. However, the male-female differential in the incidence of school drop-out in Quebec is much higher than it is in Ontario. Furthermore, this higher incidence is not explained by interactions between gender and family background. Finally, an econometric analysis of post schooling wages indicates that, when compared to those who have completed high school only, school drop outs are not penalized for dropping out.

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Réactions des contribuables aux variations des taux marginaux d’impôt : une étude portant sur des données de panel au Canada

Robert GAGNÉ
HEC Montréal
Jean-François NADEAU
Université of British Columbia
François VAILLANCOURT
Université de Montréal

Résumé — Cette étude porte sur l’évaluation de l’élasticité des revenus déclarés relativement au taux marginaux d’impôt sur le revenu au Canada. L’étude s’appuie sur des données pro-vinciales agrégées de 1972 à 1996. Le modèle économétrique permet d’expliquer conjointement les parts de trois classes de revenus : 50 000 $ – 100 000 $, 100 000 $ – 150 000 $ et 150 000 $ et plus. Ce modèle tient compte à la fois des effets spécifiques aux provinces et au temps. De plus, la spécification utilisée prend en considération les conditions macroéconomiques générales (PIB et taux de chômage) ainsi que la distribution sous-jacente des revenus (coefficient de Gini). Par ailleurs, les résultats d’un modèle expliquant la part du nombre de contribuables dans chaque classe de revenus sont également examinés. Les résultats montrent qu’au cours de la dernière partie de la période étudiée (soit de 1988 à 1996), les contribuables appartenant aux classes de revenus les plus élevés (100 000 $ et plus) étaient sensibles aux variations des taux marginaux d’impôt à un point tel que toute augmentation de ces taux entraînait une baisse plus que proportionnelle des revenus déclarés et, par conséquent, une diminution des revenus de l’État. Les résultats complémentaires provenant du modèle portant sur le nombre de contribuables (par classe de revenus) démontrent que ces baisses de revenus s’expliquent par la migration des contribuables vers des niveaux de revenus (et de taxation) plus faibles.

Abstract — Taxpayers may respond to changes in income tax rates in several manners. One way to classify them is to distinguish between behavioural changes (changes in labour supply, changes in the weights of the different types of labour income, changes in saving behaviour, etc.) and income reporting changes (timing, evasion, …). Consequently, there might not be a perfectly proportional relationship between tax rate changes and tax revenues. This paper presents a methodology for the estimation of 1) income and 2) number of taxpayer elasticities with respect to marginal income tax rates. The model considers shares of total income and number of taxpayer for three income classes : medium ($50,000 – $100,000), high ($100,000 – $150,000) and highest ($150,000 and more) for a panel of Canadian provinces over the 1972-1996 period and for three sub-periods (1972-1976, 1977-1987, 1988-1996). The results show significant responses to tax rate changes from taxpayers in the high and highest income classes at the end of the period under study (1988-1996). Results obtained from the number of taxpayer share model also indicate that a significant part of the response of taxpayers to tax rate changes is explained by taxpayers moving to lower income classes.

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Une condition d’invariance du modèle de régression à coefficients aléatoires

Gordon FISHER
Université Concordia

Résumé — Cet article développe une condition d’invariance du modèle de régression à coefficients aléatoires (RCA) et de cette façon permet : (i) d’étendre les résultats de Rao (1963, 1967); (ii) de fournir une nouvelle démonstration de l’égalité des estimateurs des moindres carrés généralisés directs et ceux en deux étapes du modèle RCA; et (iii) de rectifier une proposition de McAleer (1992) pour les modèles mixtes.

Abstract — This paper develops an invariance condition for the random coefficients regression (RCR) model and thereby: (i) exends the results originally proposed by Rao (1965, 1967); (ii) provides a new proof of the equality of the direct and two-step estimators of the RCR model; and (iii) corrects a result claimed in McAleer (1992) for mixed models.

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La persistance des chocs au Canada, 1870-1996

Malika HAMDAD
Tarek M. HARCHAOUI
Statistique Canada

Résumé — Ce travail examine la persistance des chocs de la production agrégée dans une perspective multisectorielle. Cette approche permet de décomposer la persistance des chocs de la production en deux composantes : la première due à des chocs d’origine macroéconomique explicitement identifiés et la seconde à des chocs  » autres « , probablement d’origine sectorielle. Ce cadre d’analyse a été appliqué à des séries historiques sur la production sectorielle de l’économie canadienne pour les périodes d’avant-guerre et d’après-guerre, pour lesquelles les chocs macroéconomiques explicitement identifiés ont été, respectivement, le choc du blé de 1890 et le choc pétrolier de 1973. Les résultats présentés dans ce papier ont a) confirmé dans le contexte canadien que l’approche désagrégée fournit des estimations plus faibles et résolument plus fiables de la mesure de la persistance que ceux obtenus au moyen d’une approche agrégée univariée; b) permis de montrer que les effets des chocs ont eu tendance à devenir légèrement plus persistants à travers le temps; et c) mesuré le degré auquel le choc du blé a contribué à provoquer une déviation permanente sur la production de l’économie canadienne et ainsi corroborer la thèse traditionaliste de l’histoire économique du Canada.

Abstract — The persistence of shocks to aggregate output in Canada is investigated under a multisectoral framework. This approach allows for a decomposition of the persistent effect of output into macro and  » other  » possibly sector-specific shocks. The framework makes the distinction between the pre-war and post-war eras and their corresponding macro shocks, namely the 1896 wheat boom and the 1973 oil shock. The results obtained by our investigation are threefold : a) they reveal that the point estimate of the aggregate persistence measure based on this disaggregated framework is lower and considerably more precisely estimated than the estimate based on the aggregate univariate models; b) they indicate that shocks tend to be slightly more persistent in the post-war period in comparison with the pre-war era, and c) they indicate that the wheat boom has indeed created a major and permanent deviation to the aggregate output, thereby supporting the traditional view of the Canadian economic history.

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Stratégies de recherche, contraintes spatiales et hétérogénéité des transitions vers l’emploi : estimation économétrique d’un modèle structurel de recherche

Sandra CAVACO
Jean-Yves LESUEUR
GATE (Groupe d’Analyse et de Théorie Économique)
UMR-CNRS
Université Lumière Lyon 2
Mareva SABATIER
IREGE (Institut de Recherche en Économie et Gestion)
Université de Savoie

Résumé — Dans cet article, deux stratégies de recherche d’emploi concurrentes sont introduites comme facteurs explicatifs du taux de sortie du chômage. Le modèle de prospection en équilibre partiel construit oppose une première stratégie consistant à limiter la zone de recherche à la zone de compétence de l’agence publique pour l’emploi à une stratégie alternative, plus coûteuse, qui permet, à travers la mobilisation des procédures marchandes et du réseau social, d’élargir l’horizon spatial de la recherche. L’introduction de cette dualité des stratégies de recherche dans le cadre d’un modèle de recherche à environnement stationnaire fait apparaître à l’équilibre des effets théoriques ambigus sur la durée d’accès à l’emploi. L’estimation économétrique de la fonction de vraisemblance associée à l’expres-sion du taux de sortie du chômage vise à lever cette ambiguité. Réalisée en deux étapes afin de contrôler la sélectivité du choix des stratégies de prospection, notamment l’effet des contraintes spatiales, l’estimation économétrique des taux de sortie du chômage contrôle également l’hétérogénéité des transitions individuelles vers l’emploi et la présence potentielle d’hétérogénéité inobservable. Les résultats économétriques concluent alors à l’endogénéité des stratégies de prospection et à leur influence discriminante sur les durées d’accès aux différents types emplois.

Abstract — This paper provides new developments in job search theory, incorporating a duality in search strategies which compose the offer rate. Two strategies are modelled. A first one, called passive strategy, consists in searching exclusively in the spatial area of the public employment agency. The alternative strategy allows to extend search area, using other media, like networks or advertisements. Introducing this duality leads us to ambiguous effects of search strategies on the theoretical exit rate. A micro-econometric estimation allows us to overcome this difficulty. A two-step method is chosen in order to, first, study the strategies’ selection rule and, second, to take into account multiple destinations after unemployment and possible unobserved heterogeneity in the duration model. Results highlight the selectivity of the search strategies’ choice, in particular the role of spatial constraints. Besides, they conclude to discriminate impacts of job search strategies on exit rates, according to the job found.

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Modélisation bayésienne non linéaire du taux d’intérêt de court terme américain : l’aide des outils non paramétriques

Michel LUBRANO
GREQAM-CNRS

Résumé — Cet article a pour objet l’investigation des modèles empiriques de taux d’intérêt de court terme sur données américaines. Il utilise une combinaison de méthodes classiques non paramétriques et de méthodes bayésiennes paramétriques. La forme des fonctions de dérive et de volatilité du modèle discrétisé est tout d’abord examinée au moyen d’une analyse non paramétrique préliminaire. Le texte développe ensuite une méthode bayésienne de choix de modèles qui est basée sur la capacité d’un modèle à minimiser la distance de Hellinger entre la densité prédictive a posteriori du modèle discrétisé et la densité de l’échantillon observé. Une discrétisation du modèle en temps continu est estimée en utilisant différentes variantes paramétriques allant du modèle à variance constante jusqu’à différents types de modèles de switching suggérés par l’analyse non paramétrique préliminaire.

Abstract — This paper investigates empirical models of the US short term interest rate. It make use of a combination of classical non-parametric methods and of parametric bayesian methods. In a first step, it investigates the shape of drift and volatility functions using non parametric tools. The paper then develops a bayesian approach to model selection based on the minimisation of the Hellinger distance between the posterior predictive density of a discretised model and a non-parametric estimation of the data density. A discretisation of various parametric formulations are then estimated, ranging between constant elasticity of variance to switching regimes.

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Tests multiples simulés et tests de normalité basés sur plusieurs moments dans les modèles de régression

Jean-Marie DUFOUR
Chaire de recherche
du Canada en économétrie
Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO)
Centre interuniversitaire de recherche en économie quantitative (CIREQ)
Département de sciences économiques
Université de Montréal
Abdeljelil FARHAT
CIRANO
CIREQ
Université de Montréal
Lynda KHALAF
CIREQ
Université de Montréal
GREEN
Université Laval

Résumé — Cet article illustre l’applicabilité des méthodes de rééchantillonnage dans le cadre des tests multiples (simultanés), pour divers problèmes économétriques. Les hypothèses simultanées sont une conséquence habituelle de la théorie économique, de sorte que le contrôle de la probabilité de rejet de combinaisons de tests est un problème que l’on rencontre fréquemment dans divers contextes économétriques et statistiques. À ce sujet, on sait que le fait d’ignorer le caractère conjoint des hypothèses multiples peut faire en sorte que le niveau de la procédure globale dépasse considérablement le niveau désiré. Alors que la plupart des méthodes d’inférence multiple sont conservatrices en présence de statistiques non indépendantes, les tests que nous proposons visent à contrôler exactement le niveau de signification. Pour ce faire, nous considérons des critères de test combinés proposés initialement pour des statistiques indépendantes. En appliquant la méthode des tests de Monte-Carlo, nous montrons comment ces méthodes de combinaison de tests peuvent s’appliquer à de tels cas, sans recours à des approximations asymptotiques. Après avoir passé en revue les résultats antérieurs sur ce sujet, nous montrons comment une telle méthodologie peut être utilisée pour construire des tests de normalité basés sur plusieurs moments pour les erreurs de modèles de régression linéaires. Pour ce problème, nous proposons une généralisation valide à distance finie du test asymptotique proposé par Kiefer et Salmon (1983) ainsi que des tests combinés suivant les méthodes de Tippett et de Pearson-Fisher. Nous observons empiriquement que les procédures de test corrigées par la méthode des tests de Monte-Carlo ne souffrent pas du problème de biais (ou sous-rejet) souvent rapporté dans cette littérature – notamment contre les lois platikurtiques – et permettent des gains sensibles de puissance par rapport aux méthodes combinées usuelles.

Abstract — This paper illustrates the usefulness of resampling-based methods in the context of multiple (simultaneous) tests, with emphasis on econometric applications. Economic theory often suggests joint (or simultaneous) hypotheses on econometric models; consequently, the problem of evaluating joint rejection probabilities arises frequently in econometrics and statistics. In this regard, it is well known that ignoring the joint nature of multiple hypotheses may lead to serious test size distortions. Whereas most available multiple test techniques are conservative in the presence of non-independent statistics, our proposed tests provably achieve size control. Specifically, we use the Monte-Carlo (MC) test technique to extend several well known combination methods to the non-independent statistics contexts. We first cast the multiple test problem into a unified statistical framework which: (i) serves to show how exact global size control is achieved through the MC test method, and (ii) yields a number of superior tests previously not considered. Secondly, we provide a review of relevant available results. Finally, we illustrate the applicability of our proposed procedure to the problem of moments-based normality tests. For this problem, we propose an exact variant of Kiefer and Salmon’s (1983) test, and an alternative combination method which exploits the well known Fisher-Pearson procedure. Our simulation study reveals that the latter method seems to correct for the problem of test biases against platikurtic alternatives. In general, our results show that concrete and non-spurious power gains (over standard combination methods) can be achieved through our multiple Monte-Carlo test approach.

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Filtres pour l’analyse courante

Simon VAN NORDEN
HEC Montréal
CIRANO
et CIREQ

Résumé — L’auteur montre comment les techniques actuelles de filtrage passe-bande et leurs prolongements peuvent servir à estimer des tendances et des cycles courants. Ces techniques donnent des estimations jugées  » optimales  » compte tenu des données dispo-nibles. Les erreurs types s’y rattachant représentent donc la borne inférieure de la marge d’erreur qui serait associée aux résultats produits par d’autres techniques univariées. Dans cette étude, l’auteur examine les applications de ce filtre aux problèmes que pose l’estimation de la croissance de la productivité, de l’inflation de base et de l’écart de production observés.

Abstract — This paper shows how existing band-pass filtering techniques and their extension can be applied to the common current-analysis problem of estimating current trends or cycles. These techniques give estimates that are « optimal » given the available data, so their standard errors represent a lower bound on what can be achieved with other univariate techniques. Applications to the problems of estimating current trend productivity growth, core inflation, and output gaps are considered.

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Volume 80, no 1, mars 2004

Sommaire

Articles

Écarts salariaux et disparités professionnelles entre sexes : développements théoriques et validité empirique
Nathalie Havet

Le taux d’actualisation contre le principe de précaution? Leçons à partir du cas des politiques climatiques
Franck Lecocq et Jean-Charles Hourcade

La théorie autrichienne des cycles : une théorie de la récurrence des erreurs collectives d’anticipation
François Facchini

Les fonctions de vote : un survol de la littérature
Antoine Auberger

Frontières de la firme et de l’industrie : les perspectives récentes issues de la rencontre entre l’histoire industrielle et l’économie industrielle
Jackie Krafft

L’économique en perspective

Révision à la baisse de la prime sur les actions au Canada
Mathieu Rochon, Stéphanie Desrosiers, Jean-François L’Her


Écarts salariaux et disparités professionnelles entre sexes : développements théoriques et validité empirique

Nathalie HAVET CIRPÉE
Université Laval, LÉO
Université d’Orléans,
Groupe d’Analyse Économique

Résumé —  Cet article recense l’apport de la théorie économique dans la compréhension des causes des disparités professionnelles entre sexes. Parmi les premières théories développées, deux courants s’opposent : des modèles justifiant ces différences par des écarts de productivité et les théories de la discrimination qui les expliquent, soit par les préjugés des employeurs à l’encontre des femmes, il s’agit dans ce cas de discrimination par goût, soit par des imperfections d’informations, on parle alors de discrimination statistique. Or, ces théories dans leur version les plus simples se sont révélées peu convaincantes dans leur validité empirique. C’est pourquoi des modèles de discrimination de seconde génération ont été développés : ils dépassent l’opposition stricte entre différences de productivité et discrimination. Les modèles de discrimination par goût font désormais intervenir la dynamique des coûts reliés à la recherche d’emplois. Les modèles de discrimination statistique obtiennent quant à eux des conclusions plus convaincantes en se plaçant dans un contexte informationnel plus complexe et en y intégrant les concepts de la théorie du capital humain.

Abstract — This paper is a survey of economic theories that focus on the explanation of gender professionnal disparities. Starting from the first theories that were developed, two opposite branches emerge : a) models that relate differences to productivity differentials and b) theories of discrimination which attribute differences to either employers’ prejudices (i.e.  » taste discrimination « ) or imperfect information (i.e.  » statistical discrimination « ). However, all of these theories in their earliest version are not supported by empirical evidence. Consequently, models of second generation have been developed that go beyond the strict opposition betweeen productivity differentials and discrimination. For example, models of taste discrimination integrate henceforth the dynamic of job-search costs. Models of statistical discrimination obtain more convincing conclusions by being based on a more complex informational context and by introducing concepts of human capital theory.

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Le taux d’actualisation contre le principe de précaution? Leçons à partir du cas des politiques climatiques

Franck LECOCQ
Banque mondiale
Groupe de Recherche en Économie du Développement
Jean-Charles HOURCADE
Centre International de Recherche sur l’Environnement et le Développement

Résumé — L’utilisation du calcul économique sur le très long terme fait l’objet de critiques qui peuvent aller jusqu’à un rejet pur et simple, en particulier en raison de la technique de l’actualisation qui, en écrasant le poids du long terme, viendrait en contradiction avec le prin-cipe de précaution. Nous expliquons ici, sur la base de l’expérience des débats autour du changement climatique, en quoi, appliquée en toute rigueur, l’actualisation est au contraire un point de passage obligé pour clarifier les enjeux de la décision. Nous montrons en particulier que, dans un cadre de décision séquentielle avec acquisition d’information, le choix, qui restera toujours controversé, du coefficient de préférence pure pour le présent, importe moins que les hypothèses sur la croissance, sur la productivité du capital, sur les préférences des agents et sur leurs  » croyances  » vis-à-vis des dommages climatiques. Nous concluons sur le fait que le taux de préférence pure pour le présent ne saurait résumer à lui seul les questions de solidarité avec les générations futures. Il convient aussi d’examiner la nature de ce que nous léguons aux générations futures, en particulier les stocks de capital physique et de connaissance qui déterminent leurs capacités d’adaptation à de futures informations.

Abstract — The application of standard cost-benefit analysis to evaluate long-term policies has been heavily criticized, in particular because of discounting, which is accused of putting too little weight on the future, thus contradicting the precautionary principle. Based on the example of climate mitigation policies, we show why discounting, rigorously applied, is necessary to clarify the issues at stake in the decision. In particular, we demonstrate that, within a sequential decision-making framework with increasing information, the value of pure time discounting matters less than the assumptions we make about future growth, productivity of capital, preferences and beliefs about climate change impacts. We conclude that intergenerational equity issues go beyond the value of pure time preference. We must also pay attention to the nature of our bequest to future generations, in terms of stocks of physical capital and of knowledge in particular, because it shapes their ability to adapt to new information.

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La théorie autrichienne des cycles : une théorie de la récurrence des erreurs collectives d’anticipation

François FACCHINI
EDI
Faculté de sciences économiques et de gestion
Univeristé de Reins Champagne Ardenne
LAEP
Université de Paris I Panthéon – Sorbonne

Résumé — Cet article présente les développements récents de la théorie autrichienne des cycles. Il se concentre sur les apports théoriques et soutient que désormais la théorie autrichienne des cycles est une théorie plurielle de la récurrence des erreurs collectives d’anticipation. Les économistes autrichiens s’accordent pour penser que la nationalisation de la monnaie est à l’origine de l’excès d’offre de monnaie. Cet excès crée une distorsion de la structure des taux d’intérêt des prêts et induit la phase de récession du cycle. Ils s’entendent aussi sur les raisons de la récurrence des erreurs d’anticipation et sur leur uniformité. La théorie des droits de propriété explique la récurrence des erreurs d’anticipation par la socialisation des risques. La théorie des anticipations explique les erreurs collectives par la centralisation des anticipations autour des décisions de la banque centrale. Elle rend ainsi compte de l’instabilité des systèmes économiques. Les économistes autrichiens sont divisés, en revanche, sur les raisons de cet excès d’offre de monnaie. Il y a ceux qui soutiennent que cet excès d’offre se mesure par rapport à l’épargne monétaire et s’explique par la pratique des réserves fractionnaires (école de la libre circulation). Il y a ceux, au contraire, qui estiment que cet excès doit être mesuré par rapport à la demande de monnaie et expliqué par l’absence de concurrence entre les monnaies (école de la banque libre).

AbstractThe Actuality of Austrian Trade Cycle Theory . This paper offers an account of recent developments of Austrian Trade Cycle Theory. It focus on the theoretical contributions and argues that the Austrian Trade Cycle Theory became a theory of error cycles. Austrian economists agree to explain the errors of individuals by the nationalization of money because it leads an excess of money supply. Nevertheless, they disagree about the causes of this excess. Two explanations have been suggested. The first one measures the excess in relation with the demand of money. The second one evaluates the excess in relation with monetary saving. They agree, on the contrary, on the reasons of the recurrence of expectation errors and their uniformity. The theory of property rights explains the recurrence of expectation errors by the socialization of risk. The theory of cognitive expectations explains the collective errors by the centralisation of expectation process around (big player hypothesis) decisions of central banks. In fine it is the centralization of expectation process which explains the instability of market process.

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Les fonctions de vote : un survol de la littérature

Antoine AUBERGER
LAEP
Université de Paris I

Résumé — L’objet de cet article est de présenter les fonctions de vote et le comportement des électeurs. Les fonctions de vote visent à la fois à expliquer les résultats des élections et à les prévoir. Aux États-Unis, les fonctions de vote pour les élections présidentielles permettent généralement de bien expliquer les résultats des élections passées et les prévisions des résultats des élections sont assez satisfaisantes. En France, le très faible nombre d’élections présidentielles rend plus délicate la construction de fonctions de vote et les prévisions sont plus incertaines.

AbstractVote Functions: A Survey. The aim of this article is to present vote functions and voter behavior. Using vote functions, one can explain and forecast the outcomes of elections. In the United States, the outcomes for the past presidential elections are usually well explained and the forecasts are quite satisfactory. In France, the very small number of presidential elections makes the specification of vote functions more difficult, and the forecasts are more dubious.

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Frontières de la firme et de l’industrie : les perspectives récentes issues de la rencontre entre l’histoire industrielle et l’économie industrielle

Jackie KRAFFT
CNRS

Résumé —  Cet article présente les développements récents de la new business history sur l’un de ses thèmes privilégiés qui est l’évolution des frontières de la firme et de l’industrie. Les connexions avec l’économie industrielle, et surtout avec les analyses néo-institutionnelles, se sont développées sur ce thème selon deux tendances principales. Il ressort de cette analyse que la première tendance utilise les modèles économiques traitant des problèmes de coordination informationnelle comme des grilles de lecture des faits historiques. La seconde tendance laisse en revanche aux travaux d’histoire une opportunité plus grande d’affiner les grilles de lecture de l’économie industrielle en insistant sur un problème concret des firmes et des industries innovatrices : la coordination des activités productives.

AbstractBoundaries of the Firm and Boundaries of the Industry: New Perspectives from the Connexion between Business History and Industrial Organisation. This paper focuses on recent developments of the new business history on a specific theme: the boundaries of firms and industries. Connexions with industrial organisation, and especially with neo-institutionalism, have increasingly appeared in the literature on this theme. These connexions are developed according to two main tendencies which are discussed in the paper. We can show that the first uses economic models dealing with information problems as a benchmark for the analysis of historical facts, while the second offers the opportunity to refine some of the principles of industrial organisation by taking into account the emphasis of business history on a concrete problem of innovative firms and industries: the coordination of productive activities.

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Révision à la baisse de la prime sur les actions au Canada

Mathieu ROCHON
Stéphanie DESROSIERS
Jean-François L’HER
Caisse de dépôt et placement du Québec

Résumé — Le rendement historique excédentaire moyen des marchés boursiers par rapport aux obligations gouvernementales a été de 4,5 % au Canada durant le XXe siècle. Contrairement à la plupart des marchés développés, il est resté sensiblement le même durant les deux moitiés du siècle. Toutefois, la prise en compte des années 2001 et 2002 conduit à un rendement excédentaire moyen beaucoup plus faible et davantage en ligne avec les primes de risque estimées via des approches prospectives. La première approche prospective, la plus utilisée dans la littérature financière, s’appuie sur la décomposition des rendements. La prime de risque est alors égale à la différence entre la somme des rendements attendus sur les indices boursiers sous forme de dividendes et de gain en capital, et le rendement anticipé sur les obligations. Étant donné que le rendement en dividende est à un niveau très bas aujourd’hui, la prime de risque anticipée est faible, de l’ordre de 1,5 %. Toutefois, elle doit vraisemblablement être majorée de 0,5 % du fait de l’importance des rachats d’actions. La seconde approche prospective, moins utilisée, se base sur la prime de risque implicite inférée de l’égalité entre la valeur de l’indice boursier et la valeur intrinsèque du même indice estimée à partir du modèle d’actualisation des bénéfices anormaux (Edwards, Bell et Ohlson). Elle conduit à une prime de risque de 3,5 %, soit sans doute une borne supérieure étant donné le biais positif des prévisions d’analystes financiers documenté dans la littérature. Après ajustement pour ce biais, la prime de risque implicite doit être minorée de 1 %. La prime de risque prospective au Canada est donc actuellement de l’ordre de 2 % à 2,5 % selon les approches retenues.

Abstract — The average historical excess return of market index over government bonds has been 4.5 % in Canada during the 20th century. Contrarily to the majority of the developed markets, it has remained almost the same during the two halves of the century. However, years 2001 and 2002 have driven the average excess return downwards so that the average excess return is now more in line with risk premium estimated via prospective approaches. The first prospective approach which is the most used in the financial literature is based on the return decomposition. The risk premium is equal to the difference between the sum of the expected dividend and capital gain returns on market indices, and the expected return on bonds. As the dividend yield is currently at a low level, the estimated risk premium is low, about 1.5 %. If share repurchases are considered, the risk premium should probably be augmented by 0.5 %. The second prospective approach, less used in the literature, is based on the implicit risk premium inferred from the equality between the observed value and the intrinsic value of the market index estimated from a model based on abnormal earnings (Edwards, Bell et Ohlson). The estimated risk premium is then 3.5 %, which can be considered an upper limit given the documented over-optimism bias of financial analysts forecasts. Once we adjust for this upward bias, the implicit risk premium should be revised downwards by 1 %. Depending on the approach, the prospective risk premium for Canada ranges between 2 % and 2.5 %.

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Volume 79, no 4, décembre 2003

Jean-Jacques Laffont, 1947-2004
Marcel Boyer

Sommaire

Articles

Économétrie de la finance : l’exemple du risque de crédit
Christian Gouriéroux

Le péché originel : le calvaire, le mystère et le chemin de la rédemption
Barry Eichengreen, Ricardo Hausmann, Ugo Panizza

Les effets à long terme des fonds de pension
Pascal Belan, Philippe Michel, Bertrand Wigniolle

Relation entre le taux de change et les exportations nettes : test de la condition Marshall-Lerner pour le Canada
Louis Morel, Benoit Perron

Demande d’énergie et changement de l’intensité énergétique du secteur manufacturier québécois de 1990 à 1998
Jean-Thomas Bernard, Nadhem Idoudi

L’économique en perspective

Chômage d’équilibre, équilibres multiples et défauts de coordination
Ludovic A. Julien

La poignée de main invisible et la persistance des cycles d’affaires: un survol
Christian Calmès

Rapport du directeur de L’Actualité
Claude-Denys Fluet

Programme du 43e  Congrès annuel de la Société canadienne de science économique


Économétrie de la finance : l’exemple du risque de crédit

Christian GOURIÉROUX
CREST, CEPREMAP et Université de Toronto

Résumé — Nous présentons les principales questions ouvertes liées au risque de crédit, c’est-à-dire au non-remboursement des dettes par un emprunteur défaillant (structure par terme de défauts, corrélation de défaut, taux de recouvrement, calcul de réserves). Ces questions concernent aussi bien la prévision des défaillances, que la valorisation des dettes (selon des approches risque neutre, comptable ou actuarielle) ou la constitution de bases de données adéquates.

AbstractEconometrics of Finance: The Case of Credit Risk. We discuss the main opened questions related to credit risk, that is the default risk of a borrower. These questions concern the prediction of default (term structure of default, default correlation, recovery rate, determination of the required capital), the pricing of debts (according to risk neutral, actuarial or accounting approaches), and the construction of appropriate databases.

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Le péché originel : le calvaire, le mystère et le chemin de la rédemption

Barry EICHENGREEN
Département des sciences économiques Université de Californie à Berkeley
Ricardo HAUSMAN
Kennedy School of Government
Harvard University
Ugo PANIZZA Service de recherche de la Banque interaméricaine de développement

Résumé — Pas de résumé.

Abstract

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Les effets à long terme des fonds de pension

Pascal BELAN
LEN-C3E, Université de Nantes, EUREQua, et LIBRE
Philippe MICHEL
GREQAM
Université de la Méditerranée et EUREQua
Bertrand WIGNIOLLE
EUREQua
Université de Paris I et LIBRE

Résumé – Cet article étudie les conséquences macroéconomiques de la détention d’une part importante du capital de l’économie par des fonds de pension. Nous supposons que le phénomène de concentration introduit une forme de concurrence imparfaite, conduisant à une baisse des salaires et à une augmentation du rendement du capital. Notre étude montre que les fonds de pension ont tendance à réduire l’accumulation de capital à long terme, quand l’utilité de cycle de vie a peu de substituabilité. Une telle baisse de capital diminue le bien-être à long terme quand l’économie est en sous-accumulation. Même dans le cas de forte substituabilité dans les préférences des agents, dans une économie en sous-accumulation, les distorsions introduites dominent l’augmentation de l’accumulation et l’utilité des agents est diminuée.

Abstract – This paper studies macroeconomic consequences of the development of pension funds, assuming they hold a significant share of capital assets. We assume that this concentration introduces imperfect competition, that lowers wages and increases capital return. We show that pension funds tend to reduce capital accumulation in the long run, when life-cycle utility has low substituability. In this case, long-run welfare decreases when the economy without pension funds is under accumulation. When life-cycle utility has high substituability, capital accumulation is higher in the long run. But, since pension funds also introduce distorsions, the net effect on welfare is negative.

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Relation entre le taux de change et les exportations nettes : test de la condition Marshall-Lerner pour le Canada

Louis MOREL
Département des recherches Banque du Canada
Benoit PERRON
Département de sciences économiques, Université de Montréal, CIREQ, et CIRANO

Résumé – Le but de la présente étude est d’analyser empiriquement la réponse des exportations nettes canadiennes aux variations du taux de change multilatéral canadien. La théorie économique nous suggère que, si la somme des élasticités des importations et des exportations est supérieure à un, une dépréciation réelle de la devise entraîne une hausse des exportations nettes. Ceci est mieux connu sous le nom de la condition Marshall-Lerner. En estimant un modèle d’exportations nettes, par quatre différentes méthodes de coïntégration et en utilisant des données allant du premier trimestre de 1980 au premier trimestre de 2002, notre étude confirme la validité empirique de la condition Marshall-Lerner au Canada. Ce résultat est robuste peu importe la méthode de coïntégration utilisée et peu importe la mesure du PIB réel étranger utilisée. Nos résultats montrent également que les exportations nettes de services sont plus sensibles aux variations du taux de change réel que les exportations nettes de biens. Finalement, la réponse des exportations nettes aux variations du PIB réel canadien et du PIB réel étranger est sensible à la mesure du PIB étranger utilisée, ainsi qu’à la méthode d’estimation utilisée.

AbstractRelationship Between Exchange Rate and Net Exports : Test of the Marshall-Lerner Condition for Canada. The purpose of this study is to empirically analyze the response of Canadian net exports to variations in the Canadian multilateral exchange rate. Economic theory suggests that if the sum of import and export elasticities is greater than one, a real currency depreciation will imply an increase in net exports, the so-called Marshall-Lerner condition. By estimating a net exports model, using four different cointegration techniques and data from the first quarter of 1980 to the first quarter of 2002, our study confirms the empirical validity of the Marshall-Lerner condition for Canada. This result is robust to the cointegration technique employed and to the foreign real GDP measure used. Our results also show that net exports of services are more sensitive to real exchange rate fluctuations than net exports of goods. However, the response of net exports to changes in Canadian real GDP and changes in foreign real GDP is sensitive to the foreign GDP measure and to the estimation technique used.

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Demande d’énergie et changement de l’intensité énergétique du secteur manufacturier québécois de 1990 à 1998

Jean-Thomas BERNARD et Nadhem IDOUDI
Chaire en économique de l’énergie électrique GREEN, Département d’économique, Université Laval

Résumé – La consommation totale d’énergie du secteur manufacturier québécois a augmenté de 18,8 % entre 1990 et 1998. La décomposition factorielle de cet accroissement permet d’identifier les rôles joués par l’activité économique mesurée par la valeur ajoutée (14,9 %), son changement structurel (6,2 %) et le changement de l’efficacité énergétique (-2,4 %). Elle met en lumière la différence entre l’intensité énergétique brute mesurée directement à partir des données observées pour le secteur manufacturier total et l’intensité énergétique nette qui prend en compte les changements de parts d’activité des industries manufacturières. C’est l’intensité énergétique nette qui est utilisée pour mesurer l’évolution de l’efficacité énergétique.

Les résultats montrent les rôles joués par deux industries, papier et produits connexes et première transformation des métaux, qui dominent la consommation d’énergie, soit 67,9 % en 1998. Malgré l’amélioration de leur intensité brute, leur expansion relative a fait croître l’intensité énergétique de l’ensemble du secteur manufacturier parce que leur intensité énergétique est supérieure à la moyenne.

Abstract – Total energy consumption by the Quebec manufacturing sector increased by 18,8 % from 1990 to 1998. The decomposition of this increase by factors allows us to identify the roles played by the added value of total manufacturing sector (14,9 %), the change of its structure (6,2 %) and the change of energy efficiency (-2,4 %). This shows the difference between gross energy intensity, which is measured directly from available data for the total manufacturing sector, and net energy intensity, which takes into account the changes of the shares of economic activity originating from each industry. The latter is used as an indicator of the evolution of energy efficiency.

The results show the imprints of two industries, papers and allied products and primary metals transformation, which accounted for 67,9 % of manufacturing energy use in the province of Québec in 1998. Despite the improvement of gross energy intensity of the two industries, their expansion increased the energy intensity of the total manufacturing sector because their energy intensity is above the average.

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Chômage d’équilibre, équilibres multiples et défauts de coordination

Ludovic A. JULIEN
Université Parix X-Nanterre

Résumé – Cet article analyse la contribution de la macroéconomie des défauts de coordination au chômage d’équilibre. La littérature consacrée aux défauts de coordination souligne les manifestations de l’interaction entre agents rationnels dans des économies décentralisées. Une telle aproche offre des fondements microéconomiques à l’existence du chômage d’équilibre persistant dans un cadre d’équilibre général sans présupposer la rigidité des prix et des salaires. Les modèles de chômage d’équilibre peuvent être regroupés en trois catégories selon les causes attribuées aux défauts de coordination. Les thèmes développés sont (i) les fondements microéconomiques des défauts de coordination, (ii) les externalités de demande agrégée, (iii) les externalités d’échanges et (iv) les externalités dues aux rende-ments croissants. La politique économique et la sélection des équilibres sont également développées dans cet article.

Abstract – This article analyzes the contribution of the macroeconomics of coordination failures to unemployment equilibrium theory. Coordination failures deal with the interactions of rational agents in decentralized market economies. Such an approach gives microeconomic foundations for persistent unemployment equilibria in a general equilibrium framework without assuming sticky prices and wages. In this recent literature, we distinguish between three kinds of coordination failures, each of which causes unemployment. The issues are then : (i) the microeconomics of coordination failures, (ii) the aggregate demand externalities, (iii) the transaction externalities and (iv) the role of increasing returns to scale. Policies and equilibrium selection are developed within the article.

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La poignée de main invisible et la persistance des cycles d’affaires: un survol

Christian CALMÈS
CIRPÉE
Département des sciences économiques
Université du Québec à Montréal
Département des études monétaires et financières
Banque du Canada

Résumé – L’objet de cette revue de la littérature est de mettre en évidence les implications des rigidités de salaire (et de revenu d’emploi) liées au partage de risque, pour la réplication de certains faits stylisés concernant la persistance des cycles d’affaires. Il s’agit de montrer les effets potentiels du partage de risque entre entreprises et employés sur la dynamique de l’emploi et de la consommation agrégés et donc de la production agrégée; dynamique que les modèles macroéconomiques traditionnels ont parfois du mal à reproduire. En particulier, j’expose les propriétés que les contrats autoexécutoires confèrent au salaire réel, à l’emploi et à la consommation agrégés; et comment ces propriétés sont susceptibles de pallier les insuffisances, au chapitre de la dynamique – plus précisément de la persistance – des mécanismes de propagation interne de ces modèles usuels.

Abstract – The purpose of this survey is to show how self-enforcing labor contracts can enhance the performance of macroeconomic models. I expose some desirable features of these dynamic contracts regarding the duplication of puzzling macroeconomic facts relative to the dynamics and persistence of employment, consumption, and hence output. Within this framework, dynamic properties of employment and consumption are shown to be interestingly different from those derived with the standard flexible wage model, in a way that could shed new light on the dynamics puzzle usually encountered in macroeconomic models.

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Volume 79, no 3, septembre 2003

Sommaire

Articles

En quelle année vaut-il mieux être né? Les revenus des hommes et des femmes au Canada pendant un quart de siècle
Gilles Grenier

Jusqu’où l’État peut-il s’endetter? Une approche par les modèles à générations imbriquées d’agents
Bertrand Crettez, Philippe Michel, Bertrand Wigniolle

Fonctions de réaction des banques centrales européennes et convergence
Marilyne Huchet-Bourdon

Coûts de l’autoprotection et équilibre d’un marché de l’assurance concurrentiel
Bidénam Kambia-Chopin

La modélisation du changement organisationnel : déterminants et conséquences sur le  marché du travail
Patricia Crifo

L’économique en perspective

Dollarisation officielle : analyse critique et alternative
Laurent Le Maux


En quelle année vaut-il mieux être né? Les revenus des hommes et des femmes au Canada pendant un quart de siècle

Gilles GRENIER
Département de science économique Université d’Ottawa 

Résumé — Il existe une perception qu’il y a des inégalités économiques entre les générations et plus précisément que la situation économique des jeunes travailleurs d’aujourd’hui est moins bonne que celle de leurs aînés. Dans ce texte, on cherche à tester cette hypothèse pour les hommes et les femmes au Canada. En combinant des microdonnées des recensements canadiens de 1971, 1981, 1986, 1991 et 1996, on estime des régressions de gains qui isolent les effets de l’année de naissance et de l’âge. Les valeurs monétaires sont converties avec l’indice des prix à la consommation (IPC). Dans la spécification de base, il n’y a pas d’autres variables explicatives. Pour les hommes, on obtient le résultat que la génération la plus «chanceuse» est celle née en 1944 et que les moins fortunés sont ceux nés récemment. Pour les femmes, la génération ayant les gains les plus élevés est celle née en 1960 et les générations récentes gagnent beaucoup plus que les plus anciennes. L’inclusion de variables explicatives standards ne change pas la forme de la relation entre les gains et l’année de naissance, mais les écarts entre générations sont plus petits. Les résultats sont sensibles à l’utilisation de l’IPC pour convertir les revenus. Si on suppose, comme certains le pensent, que l’IPC a systématiquement surestimé les augmentations de prix dans le passé, la situation économique des jeunes générations est meilleure que ce qu’on aurait estimé autrement. L’inclusion de variables d’interaction entre l’âge et l’année de naissance montre que les rendements selon l’âge sont plus petits pour les générations récentes que pour les générations anciennes. Les résultats confirment en partie certaines idées courantes sur le bien-être relatif des générations, mais ils montrent aussi la difficulté de comparer les niveaux de vie dans le temps.

AbstractIn Which Year Is It Better to Be Born? The Earnings of Men and Women in Canada During a Quarter of a Century. There exists a perception of economic inequalities among generations and more precisely that today’s younger generations are facing worse economic conditions than those who preceded them. In this paper, this hypothesis is tested for men and women in Canada. By pooling micro-data from the Canadian censuses of 1971, 1981, 1986, 1991 and 1996, earnings regressions are estimated to isolate the effects of birth year and age. Monetary values are converted using the Consumer Price Index (CPI). In the base specification, there are no other explanatory variables. For men, it is found that the «luckiest» generation is the one born in 1944 and that the least fortunate are those born recently. For women, the generation with the highest earnings is the one born in 1960 and the recent generations earn a lot more than the earlier ones. The inclusion of standard explanatory variable does not change the shape of the relationship between earnings and birth year, but the differences among generations are smaller. The results are sensitive to the use of the CPI to convert incomes. If it is assumed, as claimed by some, that the CPI systematically overestimated price increases in the past, the economic position of the younger generations is better than estimated otherwise. The inclusion of interaction terms between age and year of birth shows that the returns to age are lower for the recent generations than for the older ones. The results partly confirm some current ideas about the relative well-being of generations, but they also show the difficulty of comparing living standards over time.

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Jusqu’où l’État peut-il s’endetter? Une approche par les modèles à générations imbriquées d’agents

Bertrand CRETTEZ
L.I.B.R.E. Université de Franche-Comté
Philippe MICHEL
Université de la Méditerranée II
et I.U.F., G.R.E.Q.A.M.
Bertrand WIGNIOLLE
E.U.R.E.Qua., Université de Paris-I
et L.I.B.R.E., Université de Franche-Comté

Résumé — L’objet de cet article est d’approfondir la question de la définition de la solvabilité de l’État dans les modèles à générations imbriquées d’agents pour une suite de dépenses publiques données. Pour nous, l’endettement public acceptable est celui qui reste compatible avec un fonctionnement effectif de l’économie. Nous considérons d’abord la situation où l’État choisit librement le montant des impôts (forfaitaires). Alors on montre qu’il n’y a aucune restriction sur la trajectoire de dette publique et que le gouvernement n’est soumis à aucune contrainte budgétaire intertemporelle. Lorsqu’il existe des contraintes sur les impôts forfaitaires que l’État peut lever, nous montrons qu’un équilibre intertemporel existe pourvu qu’une contrainte sur la dette soit vérifiée. Nous nous attachons plus particulièrement à l’étude de la contrainte suivante : à chaque date, le volume de la dette ne doit dépasser ni la valeur du PIB courant, ni la valeur actualisée du PIB de la période suivante. Nous analysons alors la condition d’équilibre budgétaire intertemporelle dans une économie ou la contrainte ci-dessus est vérifiée. Lorsque la limite de la valeur actualisée du PIB est nulle, nous montrons que le respect de notre condition implique la réalisation de l’équilibre budgétaire intertemporel. De plus, il est impossible de pratiquer un jeu de Ponzi. Lorsque la limite supérieure du PIB actualisé est positive strictement, le respect de la condition n’implique pas la réalisation de l’équilibre budgétaire intertemporel. De plus, il est possible de pratiquer un jeu de Ponzi.

Abstract — The purpose of this paper is to improve our understanding of government solvency in OLG models with a given sequence of government expenditures. In our view, public debt is allowed if its level does not preclude the existence of a competitive equilibrium. We first consider the case where the government can implement whatever amounts of lump-sum taxes. Then we show that there is no restriction on the path of public debt, and that the government is not constrained by any intertemporal budget constraint. When there are some restrictions on lump-sum taxes, then an equilibrium exists providing that a restriction on the level of public debt is satisfied. We pay special attention to the following restriction : at any each date, the amount of public debt is less that the value of the GNP at that date and less than the discounted value of the GNP one period after. Supposing that our restriction holds along a competitive equilibrium path, we have investigated whether or not the intertemporal budgetary equilibrium condition holds. When the limit of the discounted value of the GNP is nil indeed, then the intertemporal budgetary equilibrium condition holds. Moreover, a Ponzi game is impossible. When the superior limit of the discounted value of the debt is strictly positive our condition does not imply the intertemporal budgetary equilibrium condition. A Ponzi game is also possible.

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Fonctions de réaction des banques centrales européennes et convergence

Marilyne HUCHET-BOURDON
DERG Pôle agronomique de Rennes CREREG -UMR CNRS 6585 Université de Rennes 1

Résumé — Depuis le 1er janvier 2001, 12 pays participent à l’UEM. L’instauration de la monnaie unique constitue l’aboutissement d’un long processus de convergence. Le Système monétaire européen créé en 1979 visait déjà à établir une coopération monétaire plus étroite. Ensuite, les trois étapes préliminaires à la création de l’UEM ont accéléré le processus d’ajustement. Néanmoins, la question est de savoir s’il existe une convergence des préférences des banques centrales. Pour répondre à cette interrogation, cet article a pour objet d’estimer les fonctions de réaction des huit principales banques centrales nationales sur la période 1980-1998 mais aussi celle qui aurait représenté au mieux le comportement de la BCE si les pays avaient formé une union monétaire sur cette période. Les résultats nous permettent ainsi de comparer les comportements des banques centrales et mettent en évidence un processus de convergence de leurs préférences.

AbstractFunctions of Reaction of European Central Banks and Convergence. Since January 1, 2001, twelve countries are taking part to the EMU. The introduction of the single currency is the result of a long process of convergence. The European Monetary System which was created in 1979 was already conceived in such a way that established a closer monetary cooperation between Member States. This adjustment process has been accelerated with the three preliminary stages to the creation of the EMU. Nevertheless, the question whether there is convergence of the central banks’ preferences or not still needs to be answered. In order to provide an answer to this interrogation, this paper presents the estimations of the functions of reaction of the eight main national central banks over the period 1980-1998. We also estimate the function of reaction which would have represented as best as possible the behaviour of the ECB if the countries had formed a monetary Union over this period. The results thus enable us to compare the behaviours of the central banks and allow us thereby to highlight a process of convergence of their preferences.

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Coûts de l’autoprotection et équilibre d’un marché de l’assurance concurrentiel

Bidénam KAMBIA-CHOPIN
Thema, Université de Paris X-Nanterre

Résumé — Nous considérons un marché concurrentiel de l’assurance en présence d’aléa moral dans lequel le niveau du coût de l’autoprotection de l’assuré est son information privée. Nous caractérisons alors l’équilibre en contrats du marché en supposant qu’il existe deux types d’agents : un type à faible coût marginal de l’effort et un autre dont le coût marginal est élevé. D’une part, nous montrons que le niveau de l’autoprotection de l’agent à l’équilibre est le même que dans la situation d’aléa moral pur. D’autre part, nous montrons qu’à l’équilibre les agents dont le coût marginal de l’effort est élevé obtiennent le même contrat que dans la situation d’aléa moral pur alors que l’autre type d’agents peut obtenir une couverture d’assurance plus faible. Enfin, l’existence de l’équilibre n’est pas toujours garantie.

Abstract — This paper considers a competitive insurance market under moral hazard and adverse selection, in which both the agent’s preventive effort and self protection costs are unobservable by the insurance companies. We show that the agent provides the same level of self-protection than without adverse selection. The agent who has a higher marginal cost is proposed his moral hazard contract whereas adverse selection may make the lower marginal cost agent’s coverage to decrease. Finally, equilibrium may not exist.

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La modélisation du changement organisationnel : déterminants et conséquences sur le marché du travail

Patricia CRIFO
GATE Université Lyon 2
IRES Université Catholique de Louvain

Résumé — Cet article présente les analyses théoriques des changements organisationnels observés dans l’entreprise depuis ces deux dernières décennies dans la plupart des pays industrialisés. Une première famille de modèles considère le moteur du changement organisationnel comme l’augmentation de la complexité de la production ou les progrès dans le capital affectant les rendements du travail. Une seconde famille de modèles considère que le changement organisationnel dépend de variables dans l’environnement des firmes influençant les coûts du travail : l’augmentation de l’offre relative de travail qualifié, les préférences des travailleurs pour la polyvalence ou le cycle de vie des produits. Ces deux types de modèles mettent en évidence que le changement organisationnel contribue à augmenter les inégalités de salaires, à rendre la structure des qualifications intrafirme plus homogène et à augmenter la ségrégation des travailleurs par qualification.

Abstract — This article presents theoretical analyses of organizational changes observed within firms since the past two decades in most industrialized countries. In a first category of models, the engine of organizational change lies in an increase in the complexity of production or in changes affecting the returns to labor. In a second category of models, organizational change depends on variables in the firm’s environment influencing labor costs: increases in the supply of skilled labor, workers’ preferences in favour of multi-tasking or the life cycle of products. Both categories of models highlight that organizational change contributes to increase wage inequality, to make the skill structure within firms more homogenous and to increase segregation by skills.

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Dollarisation officielle : analyse critique et alternative

Laurent LE MAUX
Université de Paris VIII, Led (Paris VIII) et Forum (Paris X),

Résumé — La dollarisation ou l’euroisation officielles ont été récemment préconisées du fait de la persistance d’attaques spéculatives sous le système du currency board. La dollarisation supprime la réserve unique, mais elle demeure dangereuse, car elle conduit à une «inélasticité de l’offre de billets» déstabilisant le système bancaire et le niveau des prix. Ce que nous appelons banking board peut être une alternative à la fois au currency board et à la dollarisation. Sous le banking board, le système bancaire peut émettre des dépôts à vue et des billets à vue convertibles au pair en monnaie de réserve. En plus de la suppression du risque de change et grâce à l’élasticité de l’offre de billets, le système bénéficie de l’atténuation des pressions déflationnistes et d’une stabilisation des réserves des banques. Enfin, une banque supérieure intervenant comme prêteur en dernier ressort peut émerger ou être créée, et sa politique prudentielle est alors à la fois plus lisible et plus efficace.

AbstractOfficial Dollarization: Critics and Alternative. The lack of immunity to speculative attacks in currency board arrangements has led some economists to advocate official dollarization or euroization. Dollarization cancels the reserve system, but dollarization is dangerous because it leads to an «inelasticity of the currency» which destabilizes the price level and the system of payment. The banking system we call «banking board» can be suggested as an alternative to currency board and dollarization. Under banking board, banking system could issue demand deposits as banknotes convertible at par into reserve money. Besides the absence of exchange risk and the fall in the interest rate, the banking board by introducing an elasticity of the currency alleviates deflation pressures and stabilizes banks’ reserves. The last but not the least, a banks’ bank acting as lender of last resort can emerge or can be created, and its prudential policy can be more precise.

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Volume 79, nos 1-2, mars-juin 2003

Sommaire

QUE RESTE-T-IL DE KEYNES?

Sous la direction de Gilles Dostaler et Robert Nadeau

Introduction

  • Repères chronologiques concernant la vie et l’œuvre de John Maynard Keynes
  • Présentation des collaborateurs
  • Méthode de référence aux publications de Keynes

Articles

Keynes, une économie politique du capitalisme financier? Christian Tutin
Que reste-t-il du Treatise on Probability de Keynes?
Christian Schmidt

Épistémologie et probabilité chez Keynes
Elke Muchlinski

La place du Treatise on Money dans l’œuvre de Keynes : une théorie de l’instabilité
Frédéric Hanin

L’ambivalence du concept de liquidité dans le Treatise on Money
Joanna Bauvert

Pour une théorie de l’institution monétaire : actualité du Treatise on Money
Éric Pineault

Une ambiguïté de la relation entre Keynes et Malthus : rejet de la loi de Say, monnaie et rapport salarial
Catherine Martin

La politique de l’emploi dans les écrits politiques de Keynes (1930-1939)
Sylvie Rivot

Keynes et Pigou sur le salaire monétaire et l’emploi : une synthèse du débat
Alain Béraud

Que reste-t-il de la théorie du chômage de Keynes?
Christine Erhel, Hélène Zajdela

Coordination et chômage involontaire : de Keynes aux nouveaux keynésiens
Abdallah Zouache

Les grandeurs fondamentales de la Théorie générale
Michel Rosier

Que reste-t-il de Keynes? Au moins la comptabilité nationale!
Gérard Klotz

Annexes bibliographiques

A. Œuvres de Keynes disponibles en français
B. Quelques ouvrages sur Keynes


Keynes, une économie politique du capitalisme financier?

Christian TUTIN
Université des Antilles et de la Guyane j PHARE

Résumé – Pour Keynes, le blocage de l’investissement à l’origine du chômage massif résulte du fonctionnement normal du système monétaire et financier. Parce qu’elle entraîne l’absence d’ajustement automatique de l’investissement et de l’épargne, l’indépendance du taux d’intérêt par rapport à l’épargne courante joue un rôle décisif dans cette explication. La récursivité du modèle keynésien repose ainsi entièrement sur la théorie monétaire de l’intérêt, malheureusement inacceptable en l’état. Trois pistes ont été ouvertes par Keynes pour justifier l’autonomie de l’intérêt : la notion de double circulation, introduite dans le Traité de la monnaie, le processus d’alignement des taux de rendement sur le taux monétaire présenté au chapitre 17 de la Théorie générale, et la notion de convention financière du chapitre 12, portant sur l’évaluation nominale du stock de capital. Cette dernière semble la plus prometteuse. Elle débouche sur l’idée que ce sont les marchés financiers, en tant que marchés de stocks, qui imposent une contrainte globale à l’investissement, rompant ainsi le jeu des interdépendances, en même temps qu’ils rendent les entrepreneurs dépendants d’une évaluation nominale de leur capital qui leur échappe. Suivre cette piste implique l’abandon de la théorie monétaire de l’intérêt telle que l’a formulée Keynes au profit d’une théorie du capital financier.

AbstractKeynes, a Political Economy of Finance Capital? Keynesian mass unemployment is due to a lack of investment resulting from the normal operating of the « financial machine ». Because it explains why investment and saving do not adjust smoothly to each other, the autonomy of the interest rate, driven as it is by monetary forces, plays an essential part in this theory. But Keynes’s thesis that fluctuations of the interest rate have nothing to do with the amount of current saving has never been accepted by his fellow economists, who convincingly showed that the money demand apparatus developed by Keynes could not support his rejection of the classical interdependencies between interest, saving and the net return from capital goods. In response to this critics Keynes sketched at least three lines of defense : in the Treatise on Money, he puts forward the distinction between industrial and financial circulation; in the General Theory, he referred in chapter 17 to the process of equalization of capital goods own rates of interest, and in chapter 12 to the conventional valuation of capital by financial markets, introduced. This last track seems to be the most promising one, because it offers a link between two lines of argument: what we can call the « stock argument », already opposed to Robertson’s objections, and the « nominalist view » of capital valuation. In order to exploit this « financial » track, it is necessary to abandon Keynes’s pragmatic attitude, which consisted in extending to money the framework of value theory (i.e. demand and supply apparatus), and to elaborate a representation of debt and credit relationships which is missing in the General Theory.

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Que reste-t-il du Treatise on Probability de Keynes?

Christian SCHMIDT
LESOD Université Paris Dauphine

Résumé – Cet article est consacré à un réexamen du Traité sur la probabilité de Keynes. Il souligne d’abord les origines chez Leibniz de la démarche intellectuelle adoptée par Keynes. Il s’attache ensuite à dégager la nature véritable du projet qui sous-tend sa rédaction : rechercher le fondement logique de la probabilité caractérisée comme le degré de croyance rationnelle en la vérité d’une proposition. Il montre alors comment ce projet initial a été desservi par sa formulation dans les termes inadaptés de la logique propositionnelle de Russell. En assimilant ces degrés de croyances à une relation logique, Keynes s’est exposé aux critiques de Ramsey et le Traité a donné lieu à plusieurs incompréhensions. Cet article suggère enfin que certaines idées exposées dans le Traité, comme la notion de « pertinence », ont anticipé plusieurs concepts qui sont développés aujourd’hui dans les recherches d’inspiration cognitiviste sur les croyances.

AbstractIs There Something Left of Keynes’s Treatise on Probability? The paper proposes to revisit Keynes’s Treatise on Probability. First, it stresses the Leibnizian origin of Keynes thought process. Second, it tries to unveil the real scope of the research program which underlies the book. Finding the logical foundations of probability characterized as the degree of rational belief in the truth of a proposition. It shows how such a program has been badly translated in the inadequate terms of Russell’s system of logic. Reducing the degree of belief to a logical relation opens the way to Ramsey’s criticism and misunderstandings. Finally, the paper suggests that some ideas to be found in the Treatise, as for example the notion of « relevance », have anticipated several concepts being developed today in a cognitivist perspective for understanding individual beliefs.

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Épistémologie et probabilité chez Keynes

Elke MUCHLINSK
Université libre de Berlin

Résumé – Cet article propose une analyse épistémologique de la théorie des probabilités de Keynes. Il concerne plus particulièrement le lien entre la conception keynésienne des probabilités et la théorie économique élaborée par Keynes. Nous montrerons que Keynes s’oppose à l’esthétisme formel, aux lois rigides et à la théorie orthodoxe en raison de sa prétendue universalité spatio-temporelle. Nous verrons que Keynes substitue aux catégories traditionnelles, entre autres celles de rigueur et de connaissance complète, de nouvelles catégories comme celles d’incertitude, d’ignorance et d’anticipation. Étant donné que Keynes rejette d’entrée de jeu les calculs du type ce ceux que l’on retrouve dans les approches inspirées de Bentham, nous ferons voir que sa théorie économique prend en compte la fragilité et la précarité de la connaissance. Nous insisterons enfin pour dire que Keynes nous paraît également dépasser le constructivisme, car il rejette ouvertement le recours aux concepts vides, à savoir ceux qui ne sont pour lui qu’un squelette sans chair. Enfin, nous mettrons en évidence que, poussé par le besoin de se fonder sur des principes valides a priori, Keynes abandonne l’empirisme classique à son sort.

AbstractEpistemology and Probability in Keynes. This paper deals with Keynes episte-mological approach to the theory of probability, which was also relevant for his economic theory. In his economic theory he objected to formal aestheticism, rigid rules, and orthodox theory because of its alleged universality in space and time. He transformed categories such as rigor and complete knowledge into uncertainty, ignorance, and anticipations. His economic theory encompasses fragility and precariousness of knowledge since he had already rejected Benthamite calculation. He abandoned constructivism because he rejected empty concepts as dry bones. He left classical empiricism behind him since he needed to focus on a priori principles.

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La place du Treatise on Money dans l’œuvre de Keynes : une théorie de l’instabilité

Frédéric HANIN
Université du Québec à Montréal,Université de Paris X-Nanterre (FORUM)

Résumé – Alors que Keynes est souvent associé au concept d’équilibre de sous-emploi développé dans la Théorie générale, ce texte propose une relecture du Treatise on Money dans une perspective d’analyse de la dynamique des économies monétaires. Cette dernière se caractérise par l’existence d’instabilité endogène, caractéristique structurelle des économies modernes du fait de l’imparfaite coordination entre l’activité financière et l’activité industrielle. L’originalité théorique du Treatise réside dans l’adoption d’une perspective macroéconomique non walrassienne incorporant des interactions sociales et la présence d’équilibres multiples sur le marché financier. L’origine de l’instabilité se trouve être l’effet de la préférence pour la liquidité des investisseurs sur le bilan des banques et ses conséquences sur la monnaie disponible pour la circulation industrielle. L’analyse proposée par Keynes dans le Treatise préfigure les débats contemporains sur la capacité des autorités monétaires à stabiliser le niveau de l’activité dans un contexte d’arbitrage constant entre le niveau d’emploi des ressources et les conséquences macroéconomiques de la préférence pour la liquidité des investisseurs.

AbstractThe Place of the Treatise on Money in Keynes’s Economics: An Analysis of Instability. Keynes is usually known as the creator of the concept of unemployment equilibrium. We propose here to explore another trend of Keynes’ thought, i.e. endogenous instability. The Treatise on Money describes the coordination problems between industrial circulation and financial circulation, the origin of endogenous fluctuations, structural characteristic of modern economies. The Treatise on Money’s specificity is found in a non-walrasian macroeconomic perspective where social interactions in the financial circulation explain the presence of multiple equilibria. The changing mood in the financial sector, because of profits or losses’ signal from the industrial circulation, and his consequence on bank’s balance sheet, lead to structural fragility. Keynes’ analysis of monetary policy emphasizes the typical trade-off in capitalist economy between the stimulation of activity and the reduction of liquidity of bank’s asset, which lead to credit rationing in the industrial circulation.

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L’ambivalence du concept de liquidité dans le Treatise on Money

Joanna BAUVERT
FORUM Université de Paris 10

Résumé – La paternité keynésienne de l’approche monétaire contemporaine est l’objet de cet article. Pour cela, deux approches de la liquidité issues du Treatise on Money sont mises en évidence. La première reprend l’interprétation traditionnelle : Keynes considère la liquidité à travers le lien entre monnaie et actifs, ce qui renvoie au choix de composition du patrimoine. Cependant, nous cherchons surtout à mettre en valeur le fait que, dans le Treatise, Keynes perçoit une limite à une telle analyse dès lors que cette dernière rend envisageable l’élimination de la monnaie (lorsqu’elle se trouve en concurrence avec d’autres actifs). La prise en compte de cette limite – à laquelle la théorie de l’équilibre général demeure confrontée – nous conduit à une seconde approche, qui représente l’apport principal de ce texte, où la liquidité est définie fondamentalement comme un intermédiaire des échanges. Notre démonstration s’appuie sur une comparaison de la structure des équations fondamentales avec la règle de formation des prix de Cantillon. La discussion porte ensuite sur les conséquences théoriques d’une telle approche. Finalement, on ne peut attribuer à Keynes la paternité des fondements de la théorie monétaire standard que si on élude la détermination des prix qu’il expose dans Treatise on Money.

AbstractThe Ambivalence of the Concept of Liquidity in the Treatise on Money. « What is left of Keynes? » At least, his analysis of the choice between holding liquidity and holding assets. The aim of this paper is to study the concept of liquidity and to show, relying on the Treatise on Money, that it is more appropriate to conceive money as a medium of exchange than as a store of value. First, we present a brief reminder of the way Keynes deals with liquidity through the choice of portfolio composition. However, we try to highlight the fact that, in the Treatise, Keynes perceives the limits of this analysis. In fact, it makes possible the elimination of money (when it competes with other assets). This limit, which still characterizes general equilibrium theory, leads us to propose a second approach to liquidity. In this approach, money is fundamentally a medium of exchange. Our demonstration is founded on a comparison between the structure of the fundamental equations and Cantillon’s law of formation of prices. Next, we discuss the theoretical consequences of such an approach. Finally, we show that the Keynesian paternity of the foundations of standard monetary theory holds only if the determination of prices in the Treatise is left aside.

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Pour une théorie de l’institution monétaire : actualité du Treatise on Money

Éric PINEAULT
Université du Québec à Montréal

Résumé – Dans la première partie du Treatise on Money, Keynes se penche sur la nature de la monnaie en développant une approche que l’on peut qualifier « d’institutionnaliste ». Celle-ci inspire actuellement un foisonnement de travaux hétérodoxes sur la monnaie comme institution économique (Aglietta et Cartelier, 1999; Smithin, 2000). Nous souhaitons montrer qu’une théorie sociohistorique de l’institution monétaire peut puiser certains éléments conceptuels fondamentaux dans le Treatise on Money. Celui-ci contient des maté-riaux essentiels à la reconstruction de la sociologie de l’argent à partir d’une théorie de la mon-naie comme unité de compte/moyen de paiement et d’une analyse du mode de production sociale de la monnaie-bancaire en tant qu’institution économique typiquement moderne.

AbstractA Theory of Money as an Institution: Actuality of the Treatise on Money. In the first part of the Treatise, Keynes develops an approach qualified as institutionalist to study the nature of money. This approach has inspired an important body of contemporary heterodox work on money as economic institution (Aglietta et Cartelier, 1999; Smithin, 2000). We wish to point out that a sociohistorical theory of money as an institution can find in the Treatise certain fundamental concepts. The Treatise contains material essential to the reconstruction of a sociology of money based on a theory of money as a unit of account and means of payment and for an analysis of the social mode of production of bank money as an economic institution typical of modernity.

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Une ambiguïté de la relation entre Keynes et Malthus : rejet de la loi de Say, monnaie et rapport salarial

Catherine MARTIN
Université de Paris 1

Résumé – Il est connu que Keynes se sentait une filiation avec Malthus, concernant la possibilité d’une déficience de la demande effective, et la nécessité d’en rendre compte de manière conforme à la « réalité », « au monde dans lequel nous vivons effectivement ». À partir d’une analyse de Malthus concernant les crises de surproduction générale, nous montrons que cette parenté est plus problématique que ce que Keynes laisse entendre. En effet, contrairement à ce qu’affirme ce dernier, la réalité dont Malthus cherchait à rendre compte n’était pas la monnaie – qui finalement reste neutre dans son analyse – mais la spécificité de la relation capital-travail salarié.

AbstractAn Ambiguity in the Relation between Keynes and Malthus : Rejection of Say’s Law, Money and Wage Relation. As is well known, Keynes agreed with Malthus about the possibility for the effective demand to be deficient and its links with « the economy in which we happen to live ». But analysing Malthus’ point of view about the origins of a general glut allows us to doubt the agreement between the two authors. In fact, Malthus did not really care about money – he did not deal with a non neutral money, in opposition to what Keynes claims – but was concerned with the specificity of the capital-labour relationship.

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La politique de l’emploi dans les écrits politiques de Keynes (1930-1939)

Sylvie RIVOT
Centre d’études interdisciplinaires Walras-Pareto Université de Lausanne

Résumé – Cet article analyse la politique de l’emploi préconisée par Keynes durant les années trente, à partir d’une lecture de ses écrits politiques. Nous montrons tout d’abord le rôle exact d’un programme de travaux publics, à savoir de coordonner l’initiative privée afin de modifier le pessimisme des entrepreneurs. Les travaux publics constituent donc une politique anti-déflationniste de lutte contre le chômage involontaire. En revanche, en 1937-1939, malgré un taux de chômage de 12 %, Keynes s’oppose à une politique de relance globale, du fait des risques d’« inflation absolue ». Car le chômage résulte alors en grande partie des rigidités sur le marché du travail. Le concept de chômage volontaire, éla-boré dans la Théorie générale, est donc d’une grande pertinence pour comprendre la politique de l’emploi préconisée par Keynes. Finalement, cette étude montre la forte cohérence des prises de position pratiques de Keynes avec l’analyse théorique développée dans la Théorie générale, même si ses positions peuvent à première vue nous surprendre. Elle permet également de jeter un regard critique sur les politiques dites keynésiennes d’après-guerre.

AbstractEmployment Policy in Keynes’s Political Papers (1930-1939). This paper analyses the employment policy advocated by Keynes during the 1930s, by way of a study of his political writings. First, it is shown that the real role of a public work policy is to coordinate the private initiative, in order to reverse entrepreneurs’ pessimism. Public works constitute an anti-deflationary policy of fighting involuntary unemployment. On the other hand, in 1937-1939 when the unemployment rate is still at 12 %, Keynes opposes an expansionary demand policy, because of the « true inflation » risks. Indeed, unemployment then mainly results from rigidities on the labour market. The concept of voluntary unemployment is thus relevant to understand the employment policy advocated by Keynes. Finally, this study shows the strong consistency of Keynes’ practical positions with the theoretical analysis developed in the General Theory, even if at first sight these positions seem to be surprising. Moreover, following this paper, it is possible to question the relevance of the so-called Keynesian policy after World War II.

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Keynes et Pigou sur le salaire monétaire et l’emploi : une synthèse du débat

Alain BÉRAUD
THÉMA, Université de Cergy-Pontoise

Résumé – Cet article étudie les effets sur l’emploi d’une baisse des salaires monétaires et la question de l’existence d’un équilibre de plein emploi. Il présente la position que Keynes a défendue sur ces problèmes et les critiques qui lui furent adressées par Pigou.

AbstractKeynes versus Pigou on Monetary Wages and Employment: Synthesis of a Debate. This paper investigates the effects on employment of a fall of money wages and the question of the existence of full employment equilibrium. It deals with the ideas of Keynes and the critics of Pigou.

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Que reste-t-il de la théorie du chômage de Keynes?

Christine ERHEL
Université Paris I
MATISSE
Hélène ZAJDELA
Université d’Evry MATISSE

Résumé – La théorie du chômage élaborée par Keynes a perdu de sa substance, au cours du développement d’une macroéconomie qui s’est autoqualifiée de keynésienne. Ce processus a abouti dans un premier temps à séparer le chômage involontaire du chômage keynésien, puis à réintroduire le chômage volontaire. À partir des préconisations des rapports officiels de l’OCDE, nous montrons l’émergence d’un consensus. L’analyse de l’évolution des théo-ries « keynésiennes » du chômage de IS-LM jusqu’à WS-PS conduit au constat d’un renou-veau du concept de taux de chômage naturel. Plus récemment, l’accent sur les risques de désincitation à l’activité marque la réapparition du second postulat de l’économie classique.

AbstractWhat Happened to Keynes’ Theory of Unemployment? During the development of the so-called Keynesian macroeconomics, Keynes’ unemployment theory has lost much of its meaning. This process has first led to a confusion between « involuntary » and « Keynesian » unemployment; then it has put voluntary unemployment back in the debates. Through OECD reports recommendations, we show the emergence of a consensus about the nature and causes of unemployment, which can be linked to the evolution of Keynesian macroeconomics, from IS-LM to WS-PS model. More recently, the neoclassical labour supply theory has been playing an increasing role in unemployment analysis.

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Coordination et chômage involontaire : de Keynes aux nouveaux keynésiens

Abdallah ZOUACHE
CREUSET, Université de Saint-Etienne

Résumé – Cet article propose un bilan de l’analyse de Keynes au regard de la macroéconomie keynésienne contemporaine. Dans la première section, nous montrons dans quelle mesure le principe de la demande effective est fondé sur une conception du problème de coordination interindividuelle. La deuxième section avance que si le recours à la concurrence imparfaite peut servir de base à une interprétation contemporaine du principe de demande effective, elle n’est pas une condition suffisante à l’existence du chômage involontaire tel que Keynes l’entendait. De même, les modèles de défauts de coordination proposent une interprétation intéressante du problème de coordination de Keynes, mais ne démontrent pas l’existence du chômage involontaire.

AbstractCoordination and Involuntary Unemployment: from Keynes to the New Keynesians. This article makes an evaluation of what remains of Keynes in New Keynesian economics (NKE). In section 2, we show to what extent Keynes’s principle of effective demand is based on an inter-individual coordination problem. Then, section 3 examines if NKE – in particular imperfect competition and coordination failures models – provides a modern interpretation of Keynes’s coordination problem. The result of our analysis is twofold. On the one hand, NKE modelizes certain part of Keynes’s theory. In particular, NKE provides microeconomic foundations for the principle of effective demand and sheds light on the role of expectations in Keynes’s coordination problem. But, on the other hand, it does not succeed to model involuntary unemployment à la Keynes.

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Les grandeurs fondamentales de la Théorie générale

Michel ROSIER
Université de Marne-la-Vallée
PHARE-OEP

Résumé – La Théorie générale emprunte certains de ses concepts fondamentaux à la compta-bilité privée, en particulier : le revenu de l’entrepreneur et l’opération qui consiste à affecter une part de ce revenu à l’autofinancement (amortissements, provisions et réserves), c’est-à-dire l’épargne des entreprises. Ces deux concepts sont ignorés par les interprètes de Keynes. Pourtant, ils sont nécessaires pour comprendre pourquoi une dépense d’investissement crée une épargne égale, pourquoi une telle dépense est susceptible d’enclencher un processus de multiplication, et comment un autofinancement trop important peut être la cause d’une crise.

Abstract – The Fundamental Magnitudes of the General Theory. The General Theory borrows some of its basic concepts from business accounting, in particular the « entrepreneur’s income » and the part of this income going to sinking funds and depreciation allowances, that is « entrepreneur’s savings ». These two concepts have been ignored by Keynes’s commentators. Though both concepts are indeed necessary to understand why investment is an expense always generating equal savings, why such an expense is able to launch a multiplication process, and why an excessive amount of depreciation allowances may cause an economic crisis.

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Que reste-t-il de Keynes? Au moins la comptabilité nationale!

Gérard KLOTZ
Centre Auguste et Léon Walras
Université de Lyon 2

Résumé – Alors que, dans la pensée économique moderne, la vision keynésienne de l’économie est plus que malmenée, y compris par ceux et celles qui proclament s’inscrire dans son héritage, tous les ans les offices statistiques nationaux et internationaux publient leurs rapports sur les comptes de la nation. Ces publications sont le résultat d’un long processus historique. Comme chacun sait, les premiers systèmes de comptes modernes virent le jour au début de la Seconde Guerre mondiale. Dans ces publications, qu’elles soient officielles ou non, le nom de Keynes n’apparaît pas. Dans cet article, on propose une évaluation de l’apport de Keynes. Il apparaît que, en ce qui concerne les fondements théoriques et les problèmes pratiques des comptes nationaux, la pensée de Keynes est toujours vivante.

AbstractWhat is Left of Keynes? At Least National Accounts! For modern economic thought, including authors who claim to share his legacy, the Keynesian vision of the economic system is given a rough handling. On the other hand, every year, national and international statistical offices publish their reports on national accounts. These publications are the result of a long historical process. It is now acknowledged that the first modern systems of national accounts (with their articulated sectorial accounts) are born at the beginning of the Second World War. In these publications – official or not – the name of Keynes is never mentioned. The aim of the paper is to assess the contribution of Keynes in this field. It clearly appears that, as far as the theoretical foundations and the practical problems of the national income and expenditures are concerned, Keynes’s ideas are still at work and are still much alive.

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Volume 78, no 4, décembre 2002

Sommaire

Articles

Rigidités nominales dans les modèles d’équilibre général intertemporel stochastique
Jean-Pascal Bénassy

Les défis d’une nouvelle théorie de la croissance
Philippe Aghion

Les perspectives à moyen terme du marché du travail au Québec
Marc Van Audenrode

Répartition de l’actif d’un portefeuille d’actions internationales et exposition au risque de change
Stéphanie Desrosiers, Jean-François L’Her, Meimei Xuan

Infrastructures publiques et politiques de développement décentralisées
Charles Figuières, Philippe Gardères, Frédéric Rychen


Rigidités nominales dans les modèles d’équilibre général intertemporel stochastique

Jean-Pascal BÉNASSY
CEPREMAP et CNRS

Résumé – Le but de cet article est de montrer que l’introduction de rigidités nominales dans les modèles d’équilibre général intertemporel stochastique permet d’améliorer considérablement les capacités de ces modèles à reproduire les évolutions dynamiques des économies réelles. Pour cela on construit un modèle dynamique qu’on étudie successivement sous les hypothèses suivantes : (a) équilibre walrasien, (b) contrats de salaires à une période, (c) contrats de salaires multipériodiques, (d) contrats multipériodiques de salaires et de prix. À chaque étape une solution analytique du modèle est donnée. On trouve que l’introduction de contrats nominaux, même à durée limitée, améliore de nombreuses corrélations, tandis que l’introduction de contrats multipériodiques permet d’obtenir la réponse persistante de l’output et de l’inflation à certains chocs qui échappait aux modèles traditionnels.

Abstract – The goal of this article is to show that the introduction of nominal rigidities into dynamic stochastic general equilibrium models allows to substantially improve the capacities of these models to reproduce the dynamic evolution of real economies. For that purpose we construct a dynamic model and successively study it under the following assumptions : (a) Walrasian equilibrium, (b) one period wage contracts, (c) multiperiodic staggered wage contracts, (d) staggered wage and price contracts together. At each step we give a closed-form solution. It is found that the introduction of nominal contracts, even with limited duration, improves many correlations, and that the introduction of multiperiodic contracts allows to obtain the persistent output and inflation response to monetary shocks that was missing from traditional models.

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Les défis d’une nouvelle théorie de la croissance

Philippe AGHION
Université Harvard et University College London

Résumé – Pas de résumé.

Abstract

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Les perspectives à moyen terme du marché du travail au Québec

Marc VAN AUDENRODE
CIRPEE, Université Laval et Groupe d’analyse économique

Résumé – Ce texte analyse l’impact attendu sur l’économie québécoise, et plus particuliè-rement son marché du travail, du retrait massif attendu de la vie active de la génération des baby-boomers. Nous montrons que le vieillissement de la population québécoise qui accompagnera ce phénomène démographique fera augmenter de façon significative le coût des soins de santé. Dans le même temps, l’arrivée de plus petites cohortes sur le marché du travail limitera notre capacité à produire des biens et services. En conséquence, même si l’on forme des attentes très optimistes par rapport à l’évolution économique, le taux de croissance du niveau de vie au Québec restera largement inférieur à 3 % au cours des 20 prochaines années.

Abstract – In this paper, we analyze the impact on Quebec’s economy, and more specifically on Quebec’s labor market, from the massive expected retirement of the Baby-boomers generation. We show that as the result of the increased average age of the population, health care costs will significantly increase, while, in the meantime, the arrival of much smaller cohorts on the labor market will limit our ability to produce goods and services. As a consequence, even if we form the most optimistic forecast on the evolution of Quebec’s economic environment, real growth of per-capita income in Quebec will be less than 3% yearly over the next 20 years.

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Répartition de l’actif d’un portefeuille d’actions internationales et exposition au risque de change

Stéphanie DESROSIERS, Jean-François L’HER, Meimei XUAN
Caisse de dépôt et placement du Québec

Résumé – Cet article présente un cadre d’analyse général du problème double de la décision de répartition de l’actif d’un portefeuille d’actions internationales à travers les marchés boursiers et de la décision d’exposition au risque de change selon que ces décisions sont déterminées de façon passive ou font l’objet d’une optimisation. Quatre approches possibles sont examinées en se basant sur les données historiques des indices boursiers Morgan Stanley Capital International du G-7 de juillet 1976 à juin 2001. La performance relative de chacune des approches est comparée a posteriori. Dans le cas des stratégies d’optimisa-tion, l’accent est mis sur le gain marginal obtenu par le relâchement des contraintes pratiques relatives aux marchés boursiers (importance de l’écart par rapport à la capitalisation relative de l’indice boursier) et/ou aux devises (couverture du risque de change, couverture croisée, exposition au risque de change).

Abstract – This study presents a general analytical framework for the double decision of country allocation and currency risk exposure. As each of these decisions can be taken in a passive way or in an active way via optimizations, four possible approaches are scrutinized. We use Morgan Stanley Capital International historical index returns for the G-7 countries from July 1976 to June 2001 and compare the relative performance of each approach on an ex post basis. For optimisation based strategies, we focus on the marginal gain of relaxing practical constraints relative to the market indexes (importance of the tilt relative to the market capitalization of the benchmark) and/or the currencies (hedging of the currency risk, cross-hedging, exposure to the currency risk).

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Infrastructures publiques et politiques de développement décentralisées

Charles FIGUIÈRES
Department of Economics University of Bristol et LAMETA
Philippe GARDÈRES
Frédéric RYCHEN

Greqam

Résumé – Cet article apporte une contribution théorique au débat sur le sous-investissement en capitaux publics. Il utilise pour cela un jeu différentiel d’accumulation de capitaux entre deux collectivités. Dans ce jeu l’équilibre de Nash en boucle ouverte et la solution centralisée du jeu convergent à long terme vers un régime stationnaire. Dans le long terme nous étudions la nature de l’inefficacité de l’équilibre de Nash en prenant comme référence la solution centralisée utilitariste. Lorsque les stocks d’infrastructures sont des compléments stratégiques, les collectivités surinvestissent (sous-investissent) en présence d’externalités négatives (positives). Lorsque les stocks d’infrastructures sont des substituts stratégiques, les mêmes résultats restent vrais si les collectivités sont similaires. En revanche, nous montrons dans un exemple que lorsque les collectivités ont des structures de coûts assez différentes, la collectivité qui a le coût le plus faible sous-investit tandis que la collectivité qui a le coût le plus fort surinvestit. Nous discutons ensuite brièvement les implications de ces résultats en termes de politiques économiques.

Abstract – This article provides a theoretical contribution on the issue of under-investment of public capitals. In a differential game of accumulation of capital between two jurisdictions, the open loop Nash equilibrium and the centralized solution converge towards their respective steady states. In the long run we characterize the inefficiency of the Nash equilibrium using as a benchmark case the utilitarian centralized outcome. When the stocks of infrastructures are strategic complements, the jurisdictions under-invest (over-invest) in situations with negative (positive) externalities. When the stocks are strategic substitutes the same results hold for similar jurisdictions. On the contrary when the cost structures of the jurisdictions are different enough, it is shown within an example that the low-cost jurisdiction under-invests whereas the high-cost jurisdiction over-invests. We then broach briefly the economic policy implications of these results.

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Volume 78, no 3, septembre 2002

Sommaire

Articles

Déterminants du prix réel des logements au Canada
Mario Fortin, André Leclerc

Endogénéisation des règles sociales et évolutionisme culturel chez Friedrich A. Hayek
Ai-Thu Dang, Pierre-André Mangolte

Formes et rationalités du localisme monétaire
Jérôme Blanc

Stratégies de momentum sectoriel au Canada
Stéphanie Desrosiers, Jean-François L’Her, Mohamed Yassine Tnani

Transferts des migrants tunisiens et qualification – Théorie et évidence
Riadh Ben Jelili, Mohamed Jellal

L’économique en perspective

Quelques réflexions autour du paradoxe de l’irrécouvrabilité
Philippe Antomarchi


Déterminants du prix réel des logements au Canada

Mario FORTIN
Département d’économique CEREF Université de Sherbrooke
André LECLERC
Secteur des sciences humaines Université de Moncton-Campus d’Edmundston

Résumé – Afin d’identifier quelles variables ont affecté l’équilibre du marché du logement au Canada, nous estimons un modèle structurel sur des données annuelles agrégées de 1956 à 2001. Le modèle permet d’expliquer l’évolution du prix moyen et du nombre d’unités de logement. Trois variables exercent une influence significative sur le prix réel, soit le revenu réel par personne adulte, le taux d’intérêt nominal sur les prêts hypothécaires à l’habitation à 5 ans et la croissance de la population de 25 à 54 ans. Quant à la construction de nouveaux logements, la seule influence exogène provient du prix réel du logement. Le prix réel a fortement baissé pendant les récessions de 1981-82 et 1990-92 et s’est maintenu bas pendant tout le reste de la décennie quatre-vingt-dix. Le ralentissement de la croissance de la population a fortement contribué au marasme du marché immobilier pendant la dernière décennie, le ralentissement de la croissance du revenu réel par habitant jouant également un rôle important. Seule la baisse des taux d’intérêt a permis de maintenir un certain dynamisme sur ce marché pendant cette période. Les projections pour les quinze prochaines années ne laissent cependant pas entrevoir de baisses ultérieures de prix.

Abstract – In order to identify the variables influencing the Canadian housing market, we estimate a structural model on annual data from 1956 to 2001. This model simultaneously explains the behaviour of the real average housing price and the change in the housing stock as measured by the number of housing units. Four variables are significant in the price equation: real per-capita income, nominal interest rate on residential 5-years mortgage loans, population growth in the 25 to 54 age group, and housing stock. As to the housing stock equation, the only significant variables are real housing price and changes in real per-capita income. The real price dropped during the recessions of 1981-82 and 1990-92 and remained low during the rest of the 90s. The stagnation of the housing market observed during the last decade resulted from a slower population growth and a sluggish economy. The only favourable impact came from the drop in the interest rates. The model’s price forecasts for the next fifteen years do not encompass price decreases because the trend increase in real income will more than offset the impact of the slower population growth.

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Endogénéisation des règles sociales et évolutionisme culturel chez Friedrich A. Hayek

Ai-Thu DANG
MATISSE (CNRS)
Université Paris I Panthéon-Sorbonne
Pierre-André MANGOLTE
CEPN (CNRS)
Université Paris Nord

Résumé – L’objectif de ce texte est, d’une part, de proposer une façon de lever la dualité ou la contradiction mise en évidence par de nombreux commentateurs dans la théorie hayékienne de l’évolution et, d’autre part, de souligner les difficultés rencontrées par Hayek dans sa tenta-tive d’endogénéiser la formation des règles constitutives de l’ordre spontané. L’évo-lutionnisme n’est ainsi pas un mode d’explication pertinente de la transformation des ordres sociaux. Nous concluons ensuite sur l’actualité théorique de la conception hayékienne de l’action humaine comme gouvernée par des « schèmes abstraits ».

AbstractThe Endogeneous Specification of Social Rules and Hayek’s Cultural Evolutionism. The aim of this text is first to propose a way to resolve the duality or the contradiction in Hayek’s evolutionary theory as outlined by many commentators. Secondly we aim to underline the major problems that Hayek comes up against in his attempt to develop an endogeneous specification of the rules of just conduct which govern human interactions and induce a spontaneous social order. As we shall see, evolutionism is not a relevant method to explain the transformation of social order. Nonetheless, we conclude that Hayek’s conception of human action as governed by « abstract patterns » retains a certain interest.

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Formes et rationalités du localisme monétaire

Jérôme BLANC
Université Lumière Lyon 2 et Centre Auguste et Léon Walras

Résumé – Ce texte traite du localisme monétaire. Il est défini comme l’organisation d’une localisation des échanges au sein d’un espace spécifique au moyen d’une adaptation du système monétaire existant ou de la construction d’un système monétaire ad hoc. Le texte met en avant les formes prises par le localisme monétaire depuis les années quatre-vingt, qui connaît une dynamique très forte. Il distingue un localisme territorial étatique, un localisme territorial infraétatique et un localisme communautaire. Il dégage quatre rationalités dont les diverses combinaisons caractérisent les multiples cas de localisme monétaire contemporains : capter des revenus, protéger l’espace local, dynamiser l’activité locale et transformer la nature des échanges. Cinq exemples illustrent ces combinaisons. La thèse développée est qu’il peut être pertinent d’analyser sous la même bannière du localisme monétaire des phénomènes qui, en général, sont pourtant singularisés; la mise à jour des rationalités à l’œuvre permet de saisir cette unité au-delà de la diversité des formes de localisme monétaire.

AbstractForms and Rationalities of Monetary Localism. This paper deals with monetary localism. It is defined as the organization of a location of exchanges within a specific space by means of an adaptation of the existing monetary system or the construction of a proper monetary system. The paper brings up the forms taken by monetary localism since the 1980’s, which experiences a very strong dynamics. It distinguishes between three localisms : a State territorial localism, an infra-State territorial localism and a community localism. It draws four rationalities whose diverse combinations characterize the varied cases of contemporary monetary localisms : to gain incomes, to protect the local space, to revitalize the local activity and to transform the nature of exchanges. Five examples illustrate these combinations. The paper argues that it can be relevant to analyze under the category of monetary localism phenomena which are however generally distinguished. Drawing rationalities at work in these phenomena enables to understand this unity beyond the variety of the forms of monetary localism.

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Stratégies de momentum sectoriel au Canada

Stéphanie DESROSIERS
Jean-François L’HER
Mohamed Yassine TNANI

Caisse de dépôt et placement du Québec

Résumé – Sur la période de 1962 à 2000, les stratégies de momentum basées sur des indices sectoriels canadiens sont rentables particulièrement pour des horizons de formation et de détention de six mois. Le risque diminue de façon appréciable lorsque quatre secteurs d’activité plutôt qu’un seul sont considérés dans les portefeuilles extrêmes de gagnants et de perdants. Pour les portefeuilles couverts, le rendement anormal est légèrement supérieur au rendement total, de sorte que le risque mesuré par l’exposition aux trois facteurs de Fama et French n’explique pas la rentabilité des stratégies de momentum sectoriel. Ce résultat vaut lorsque le risque associé aux portefeuilles couverts est considéré constant ou lorsqu’il varie dans le temps. La comparaison des rendements des stratégies de momentum basées sur le rendement total, sur la composante spécifique et sur la composante factorielle du rendement, montre que l’essentiel du rendement des stratégies de momentum sectoriel provient de la composante spécifique.

Abstract – Momentum strategies based on TSE 300 sector indices have been profitable over the 1962-2000 period, especially for six-month formation and holding horizons. The risk decreases considerably when four sectors rather than only one are considered in the extreme winner and loser portfolios. For the long-short winner-loser portfolios, the abnormal returns are slightly higher than the total returns. This is consistent with the inability of the Fama and French three risk factors to explain the profitability of momentum strategies. This result holds when the risk associated with the long-short winner-loser portfolios is considered constant or when it varies through time. Comparison of the profitability of momentum strategies based on the total past return, on the specific component and on the factor component of return shows that most of the returns observed for the sector momentum strategies are generated by the specific component of returns.

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Transferts des migrants tunisiens et qualification – Théorie et évidence

Riadjh BEN JELILI
Université de Bretagne Sud
Mohamed JELLAL
Département d’économie Université Mohamed V Rabat

Résumé – L’objectif de cet article est de comprendre pourquoi certains migrants envoient relativement plus de transferts vers leur pays d’origine que d’autres. En prenant appui sur les résultats d’une enquête se rapportant aux émigrants tunisiens, on teste la validité d’un modèle théorique se situant dans la lignée des travaux de Stark (1991) selon lequel le montant des fonds transférés dépend négativement du niveau de qualification de l’émigrant. De par les mécanismes de révélation de l’information concernant leur niveau de qualification, les émigrants peu qualifiés envoient relativement plus de fonds afin de mieux préparer leur réinsertion dans le pays d’origine. Les transferts s’assimilent alors à la contre-partie d’un service qui sera fourni par les membres de la famille de l’émigrant lorsqu’il sera de retour chez lui; ils constituent une forme de contrat d’assurance.

Les résultats de l’estimation d’un modèle Tobit généralisé mettent en évidence l’impact négatif et significatif de la variable représentant le niveau de qualification de l’immigré sur la proportion des transferts dans le revenu total. Conformément aux prévisions du modèle théorique, les immigrés tunisiens les moins qualifiés envoient relativement plus de transferts.

Abstract – The present paper is motivated by the interest of a more thorough analysis of the determinants of remittances for developing countries. Thus, a simple formal remittance behaviour model is provided in which the amounts of the sums transferred are negatively related to the migrants’ individual skill levels. In this model, remittances can be considered as a part of an insurance contract between the household and the migrant which covers risks of losing income in the host country.

To test this conjecture, an empirical analysis of the determinants of tunisian migrants’ remittances, based on the estimation of a generalized Tobit model, is provided using a subsample taken from a microdata set. The results seems to corroborate the negative effect of the individual skill levels on the remittances as a percentage of annual income.

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Quelques réflexions autour du paradoxe de l’irrécouvrabilité

Philippe ANTOMARCHI
Centre d’Économie et de Finances Internationales
C.E.F.I. – CNRS
Université de la Méditerranée (Aix-Marseille II)

Résumé – La notion d’irrécouvrabilité est très importante en économie industrielle lorsque l’on s’intéresse au problème des barrières à l’entrée en général, puisque la hauteur des coûts irrécupérables conditionne les comportements des firmes installées et postulantes de deux manières : en engendrant un risque de perte liée à une décision d’entrée et/ou en influençant les incitations des firmes installées à se battre. L’objectif de cette courte note est d’abord de discuter sur ces différents aspects et leurs implications, pour ensuite mettre en lumière un  » paradoxe  » conséquent à la mise en parallèle et à la simultanéité de ce double mécanisme de l’irrécouvrabilité.

AbstractA Few Thoughts about the Paradox of Sunkness. The notion of sunkness is very important in industrial organization when taking into consideration the problem of market entry barriers in general, since the level of sunk costs determines in two ways the behaviour of the firms who are already established as well as those who are possible potential entrants; firstly, by giving rise to the risk of losses closely linked to any decision to enter, and/or secondly, by influencing the incentives of incumbents to do battle with each other. The aim of this short paper is first of all to discuss these different aspects and their implications, and then to highlight a certain  » paradox « , which comes as the consequence of considering both in parallel and simultaneously this double mechanism of sunkness.

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