Améliorer votre enseignement par la rétroaction en cours de trimestre

Même si l’on enseigne depuis longtemps, l’expérience professeur-étudiants est unique à chaque cohorte. Sans que l’on ne puisse toujours bien l’expliquer, certaines itérations de notre cours sont un succès tandis que d’autres ne se passent pas aussi bien. Toutefois, faire en sorte que les étudiants apprennent le mieux possible demeure notre responsabilité. Mais comment comprendre certains groupes ? Comment améliorer notre enseignement afin que les étudiants apprennent le mieux possible? C’est un questionnement qui ne s’arrête jamais. L’évaluation standardisée que les étudiants remplissent à la fin du trimestre nous apporte peu d’information à ce sujet et les résultats nous parviennent trop tard pour faire des ajustements.

À cet effet, la rétroaction en cours de trimestre est un moyen plus puissant pour recueillir de l’information auprès des étudiants en posant des questions qui permettront de connaître les aspects du cours qui sont porteurs et qui méritent d’être conservés ou pour identifier les aspects qui devraient plutôt être changés ou mis de côté. Il s’agit d’une démarche facultative proposée aux professeurs et aux chargés de cours des universités québécoises qui se fait avant la mi-session et qui permet d’ouvrir le dialogue avec le groupe avant la fin du trimestre.

Comment cibler les questions ?

Plusieurs modèles circulent dans les universités en ce moment, mais ils font consensus autour de quelques questions:

  1. Quels sont les deux ou trois points positifs que vous appréciez du cours et de mon enseignement ?
  2. Quels sont les points que vous appréciez le moins du cours et de mon enseignement ?
  3. Qu’est-ce que le professeur peut faire pour améliorer votre apprentissage ?
  4. Ce que vous pouvez faire pour améliorer votre apprentissage dans le cours ?

La dernière question est proposée par le CFIM, de l’Université de Montréal. Elle permet de rappeler à l’étudiant que l’apprentissage est une responsabilité partagée.

Vous pouvez questionner sur un élément qui n’est pas dans cette grille. Par exemple, si vous venez d’instaurer un forum et que vous voulez en connaître l’efficacité, l’utilité, ou s’il n’est pas utilisé, pourquoi ne l’est-il pas. Vous pouvez donc adapter les questions à votre situation.

À quel moment la distribuer ?
La littérature suggère de demander une rétroaction de la part des étudiants entre le 4e cours et la mi-session (Prégent, Bernard et Kozanitis, 2009). L’important est de cibler un moment où l’on sait que l’on aura le temps de faire un retour le cours suivant.

Et l’anonymat ?
Plusieurs options s’offrent à vous. Vous pouvez demander aux étudiants de remplir le questionnaire au début du cours 4. Vous laissez 5 à 7 minutes à vos étudiants puis, vous demandez à un étudiant de ramasser les copies et de les mettre dans une enveloppe que vous récupérez. Si vous prévoyez du temps en classe pour le faire, tous les étudiants le feront, contrairement à un sondage facultatif et anonyme en ligne. S’ils vous questionnent sur l’anonymat, vous pouvez envoyer les questions à l’avance aux étudiants, leur demander de le compléter avant le cours, l’imprimer et de le déposer dans une boîte à leur arrivée.

L’analyse des résultats?
Vous pourrez voir quelle est la façon avec laquelle vous vous sentez confortable. Il est possible de revenir sur chacune des questions et mentionner les réponses les plus fréquemment observées. Nous vous proposons de regrouper leurs suggestions de changement à votre égard ou à l’égard du cours en 3 catégories:

  1. Ce que vous pouvez changer dès maintenant. (ex. Ajouter du matériel complémentaire dans Zone Cours; ne pas faire des retours systématiques sur les lectures, mais répondre seulement aux questions qui persistent);
  2. Ce que vous changerez pour le prochain trimestre (ex. Rendre le cours plus actif, diminuer le nombre d’évaluations);
  3. Ce qui ne peux changer pour des raisons pédagogiques ou institutionnelles ou hors de votre contrôle (Enlever les textes difficiles: nous devons être capables de les lire, alors nous allons les conserver, mais nous allons fournir un glossaire, des questions pour orienter la lecture, etc.).

La discussion
L’intérêt de cette démarche réside ici, c’est-à-dire dans la discussion qui portera sur les résultats. Idéalement, vous la faites le cours suivant. Le fait de leur expliquer pourquoi l’on préserve certains choix qui ne leur plaisent pas les aide à les accepter. Le fait qu’ils puissent constater que vous allez tenir compte de certaines de leurs suggestions et implanter certains changements qu’ils ont proposés (certains étudiants ont de très bonnes idées) fait en sorte qu’ils sentent que le professeur est à l’écoute et est prêt à s’adapter. Parfois, certaines propositions ne sont pas claires. Si les étudiants le veulent, ils peuvent clarifier leur proposition et commenter en toute ouverture. Mise en garde: Les réponses ne sont pas toujours agréables à lire. Il faut être prêt et éviter de se positionner à la défensive et se débattre dans des justifications interminables. Faites-le avec humour et ouverture sinon, ce ne sera pas une belle expérience.

Plusieurs autres universités proposent leur évaluation. Celle qui pourrait vous inspirer davantage est celle de l’Université Queens, à Kingston, en Ontario. Vous pouvez la consulter en cliquant ici.

Voici deux vidéos intéressantes de professeurs qui expliquent comment ils font la rétroaction d’étape.

Si vous désirez être accompagnés dans cette démarche, vous pouvez consulter les conseillers pédagogiques de la DAIP (daip@hec.ca)

Bon trimestre!

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